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Bob Dylan

août 1, 2006

Modern Times

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SonyBMG/Columbia
Sortie août 2006

Cinq ans après la sortie de Love & theft, le légendaire Bob Dylan revient avec un nouvel album intitulé ironiquement Modern Times, en référence au film de Charlie Chaplin. Il constitue le troisième volet d’une trilogie commencé en 1997 avec Time out of mind. Autoproduit par Dylan sous le pseudonyme de Jack Frost et enregistré dans des conditions quasi live avec le groupe qui l’accompagne sur scêne, Modern Times fait clairement référence aux années trente : celle des postes à galère, de Bing Crosby et de Louis Armstrong. Il parle autant de la mort, de l’amour que de la politique et évoque les tragiques attentats du 11 septembre 2001 ainsi que les ravages de l’ouragan Katrina. Sans oublier la chanteuse soul, Alicia Keys, à qui Dylan fait une déclaration d’amour à peine voilée. Cependant, à l’écoute de l’album, de nombreuses questions se posent à nous : de quel dieu parle t-il dans”Ain’t Talkin” ? A quelle(s) femme(s) s’adresse-t-il dans ” Spirit On The Water”? Pour lui, toutes les réponses se trouvent dans ses textes, comme il le déclarait il y a quelque temps dans une interview à l’Express : « Des clefs j’en ai laissées ! Les gens peuvent tout connaître de moi à travers mes chansons, à condition de savoir regarder ». Reste à savoir pourquoi Dylan a choisi de faire un bon dans le passé pour Modern Times. Est-ce parce que pour lui, la musique contemporaine est tout simplement « atroce à [ses] yeux »? La réponse à cette question risque de trouver ses origines bien au-delà de cette considération scabreuse. Cependant, une hypothêse peut être avancée selon laquelle, à dix ans, Robert Zimmerman dit Bob Dylan, fugue de son Minnesota natal pour Chicago et découvre la musique folk auprès d’un vieux musicien noir, qui lui offre sa première guitare. Cette rencontre est peut-être à l’origine de Modern Times. Ce qui explique aussi que l’album passe du blues (”The Levee’s Gonna Break”) à la ballade country (”When The Deal Goes Down”), en passant par un rythm’n blues teinté d’accents folk (”Rollin’and Tumbin’ et “Someday Baby”). Néanmoins, ce qui fait la force de Modern Times, c’est qu’à la soixantaine passée, Dylan développe une voix vieillissante et nasillarde qui prend de l’ampleur avec l’âge, rendant ses titres plus poignants encore, comme le prouve sa performance vocale sur “Beyond The Horizon”. En bref, même si l’artiste est le plus repris de l’histoire et l’un des plus influents, il faut souligner que son album a été formidablement accueilli par une critique qui n’a pas toujours été tendre avec lui. Modern Times, l’a également été par les ventes puisqu’il s’est placé numéro un dès sa sortie dans plusieurs pays dont les Etats-Unis. Notamment grâce à des compositions sans fioritures, bien ficelées, qui nous donnent un aperçu de l’Amérique telle qu’elle est aujourd’hui, à la fois traditionnelle et terriblement moderne.

Razorlight

août 1, 2006

Razorlight

razorlight.jpg
Mercury
Sortie août 2006

Si le premier album de Razorlight, Up All Night, avait séduit les amateurs de pop rock anglais, tant par la spontanéité de son rock arrogant et instinctif, que par la personnalité charismatique et imbibée d’excès en tous genres du leader, Johnny Borrell ; leur deuxième opus éponyme assurera, quant à lui, aisément la relève, en affichant toujours le même esprit déjanté et insolent, tout en s’ouvrant cette fois-ci sur de nouveaux horizons, aussi bien sur le plan musical que textuel. Borrell se défait enfin de sa carapace de désinvolture outrancière, mais sans pour autant mettre de l’eau dans sa ‘rock & roll attitude’, cela va de soi ! Le résultat est donc un album plus introspectif, un tantinet moins abrasif, mais tout aussi jouissif que le précédent.

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