Mobile In Motion
janvier 19, 2009

Absynthe Music
Sortie : janvier 2009
Original, cinématique et nébuleux, le deuxième album de Mobile In Motion distille un cocktail d’électro-jazz tantôt énergisant, tantôt lénifiant. Rencontre avec une électro ‘du 3ème type’, aux grooves sensuels et versatiles.. et où planent en permanence des ‘shadows of danger’.
C’était il y a huit ans.. le petit monde de l’électro-jazz, alors sclérosé, était secoué par un combo de producteurs helvètes, Mobile In Motion, emmené par Christophe Calpini (percussions électroniques) et Fred Hachadourian (voix).
Leur nom ne vous évoque sans doute pas grand-chose, n’empêche que c’est à eux qu’Alain Bashung a fait appel pour réaliser six titres de son album L’Imprudence… c’est dire si les gars sont loin d’être manchots.
Auteur de ‘créations musicales’ (le mot ‘chansons’ étant décidément trop simpliste pour parler de leurs compositions) aux faux-airs de bandes-originales de films, Mobile In Motion réapparaît aujourd’hui avec un deuxième album à la fantaisie toujours aussi exacerbée.
Compos oniriques, arrangements excentriques, vocaux grisants, chuchotements hypnotiques et samples jubilatoires (n’ayant rien à envier à ceux de Wax Taylor), Shadows Of Danger plonge l’auditeur dans les profondeurs d’un univers étrange, où le calme inquiétant peut à tout moment céder la place à des bourrasques bruitistes… un peu à l’image des rives du lac Léman, où l’opus a vu le jour.
Glissant d’assemblages sonores savamment destructurés (”Political Speech”, “Firestorm”) à des atmosphères cotonneuses (”Certain Cohesion”), parfois menaçantes (”Starfish”), sans oublier de faire un crochet par du hip hop-electro cinématique (”American Diarrhea 2″), de la pop ténébreuse (”The Dude”), des envolées expérimentalo-bruitistes à la Björk (”Stay On”, “Minya Konka”), des phrasés ‘ragga old school’ du MC du Galaktic Sound Lab, Nya (sur “When You Touch” et “The Other Side Of The Sky”), et quelques touches de trompette mutine (du très talentueux Erik Truffaz ) sur l’étrange “20 2047″ ; Shadows Of Danger embarque l’auditeur dans un périple sonore ensorcelant, slalomant entre le jazzy-comique et électro-tragique.
Le groupe aux deux visages (et multiples facettes) assume ici sa schizophrénie musicale avec un raffinement et un savoir-faire indiscutables.
Un disque à écouter les yeux fermés !









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