Travis
février 29, 2008

Anticraft/Universal
Sortie : février 2008
Que les choses soient claires ; la chanson française (actuelle) dite “à textes” n’est pas franchement mon truc. Elle a tendance à m’agacer lorsque, trop médiocre, elle vous vomit dessus des litres de potage “variète” tiède, ou à me déprimer lorsque, trop intello, elle vous assomme de péroraisons existentielles morbides et alambiquées, si possible. En fait, la chanson à textes est un art compliqué qui s’abîme autant au contact de ceux qui n’ont rien à dire, que de ceux qui s’écoutent chanter.
Or, si ce genre délicat croule plus que jamais sous des cohortes de maladroits volubiles, quelques (rares) artistes parviennent néanmoins à viser juste et à vous décocher une ou deux flèches empoisonnées en plein coeur. Le dandy marseillais, Travis Bürki (aussi connu sous l’étrange pseudo, Ü), est à ranger dans cette dernière catégorie.
Avec son troisième album, Ce Garçon chevelu et farfelu prend un malin à vous égratigner les oreilles au moyen de sa plume acérée et vous titiller la corde sensible à coups de mélodies.. hmm.. bizarroïdes ? Comment vous dire… Plus j’écoute son disque, et moins j’ai de doutes sur la folie (’douceâcre’) du gars. Vous n’avez qu’à écouter les titres “L’orgasme”, “L’invisible” ou “Dans Un Vagin” pour comprendre de quoi je parle ! Moins lourde que l’humour douteux du cacou phocéen, mais plus légère que les prises-de-choux élitistes du snob parisien, la prose ’second degré’ de Bürki fait sourire et grincer des dents en même temps, en peu comme si vous rouliez Higelin et Katerine dans le même pétard… sévèrement hallucinant, le truc. Tant et si bien que l’on ne s’étonne même pas de trouver ce GRAND MALADE de François Rollin planqué dans “Les Fleurs”.. c’est vous dire !
Tordu, facétieux, fantasque et bien bâti, Ce Garçon a donc tout ce qu’il faut là où il faut pour vous rendre heureux.









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