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DJ Vadim

septembre 19, 2012

Même pas peur !

C’est fou ce que le temps passe vite. Vingt ans déjà que le serial-mixeur russe officie dans les (hautes) sphères de l’électro/abstract hip-hop, et pourtant, l’impact de son bon vieux missile-skeud USSR Repertoire (1996) demeure frais dans les esprits… DJ Vadim signe aujourd’hui son dixième album (ou le sixième album de sa carrière solo) intitulé Don’t Be Scared ; un melting-pot de saveurs qui nous rappelle que les années se sont écoulées, et qu’entre-temps, le DJ a poursuivi son chemin et souvent changé de cap.

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Ces années de navigation dans les eaux turbulentes de l’électro ont façonné le son atypique et audacieux de Vadim… un son vivant, sans cesse en mouvement et en perpétuelle ébullition. La sortie de son nouvel opus était l’occasion rêvée de tailler la bavette avec cet Artiste passé maître dans l’art de l’association de saveurs, et de l’alchimie des sons et des textures.

Question : Cet album est décrit par ton label comme étant l’album du “progrès”, de l’évolution… qu’en penses-tu ?

DJ Vadim : Ah bon ? Pour tout te dire, je n’ai pas lu ma bio (rires) Mais si c’est ce que dit ma bio, alors ça doit être vrai ! (rires) Plus sérieusement, oui, c’est sûrement vrai.. je pense que l’on a tous besoin d’évoluer, de manière générale, mais je crois que l’évolution d’un artiste est de nature différente et encore plus essentielle que celle d’une personne “normale”… Disons qu’en tant qu’artiste, je pense que tous les artistes se doivent d’évoluer et que ceux qui n’évoluent pas meurent artistiquement. C’est un peu un paradoxe, car les gens qui aiment un artiste ou un groupe de musique leur reprochent souvent de changer de direction musicale et de ne pas refaire un album comme celui qu’ils avaient tant aimé. Or si tu refaisais le même album que celui d’avant, ils ne l’aimeraient probablement pas ! Donc tous les artistes se font critiquer par leurs fans “hardcore” lorsqu’ils changent. C’est ce qui s’est produit pour Miles Davis lorsqu’il s’est mis à intégrer du piano électrique dans ses sets, les gens lui disaient qu’on ne pouvait pas faire ce genre de chose en jazz… mais peu importe ce que disent les gens, tu dois aller de l’avant et évoluer, parce que si tu ne le fais pas, tu disparais ! Cela fait à peu près 20 ans que je suis dans le métier, et il y a tant d’artistes avec lesquels j’ai grandi qui ne font plus de musique aujourd’hui. Et ce n’est pas parce qu’ils manquaient de talent ou qu’ils étaient mauvais, mais peut-être parce qu’ils n’ont pas évolé, ils sont restés coincés dans “un moment”… Moi aussi je peux regarder en arrière, à un moment donné de ma carrière ou celle des autres, et me dire, “ouais, ça c’était vraiment cool” ! Mais au bout d’un moment, je dois finir par oublier et passer à autre chose. Je dois continuer mon chemin, faire des choses nouvelles, m’améliorer.. je ne peux toujours faire la même chose ! Bien sûr je peux me planter, faire des erreurs et des trucs pourris, mais je dois néanmoins essayer, parce que tu ne sais jamais où ça va te mener et si ça va marcher… Et de toute façon, quoi que tu fasses, il y aura toujours quelqu’un pour te critiquer, même parmi tes fans ! (rires)

Question : Justement, tes fans critiqueront ce nouvel album à quel niveau à ton avis ?

DJ Vadim : Eh bien.. je ne sais pas. J’imagine que les gens qui écoutent ma musique depuis le début de ma carrière souhaiteraient sûrement que je recommence à faire des tracks qui ressemblent à celles de mes premiers albums, d’autres préfèreraient que je fasse des tracks plus rap et “underground MCs”, et d’autres encore autre chose… tout le monde est différent, donc tout le monde veut des choses différentes, mais je ne peux/veux pas faire plaisir à tout le monde ! D’ailleurs même si je le voulais, je ne pourrais pas ! Ceci dit, très sincèrement, Don’t Be Scared est l’un des albums avec lesquels je me sens le plus à l’aise. J’en suis vraiment content. En tant que producteur, je trouve qu’en terme d’évolution du son, je commence à être de plus en plus en phase avec “ce que je suis” musicalement. À chaque album je m’en rapproche un peu plus, un peu comme le vin qui développe des arômes d’année en année.. plus tu lui laisses du temps, plus il développe des saveurs différentes. C’est la même chose pour ma musique. Je trouve qu’elle se bonnifie au fil du temps.

Question : Elle se bonnifie, mais les ingrédients de base de ta recette restent néanmoins les mêmes ; “hip-hop dans la réalisation, électro dans la sonorité et soul dans l’esprit” comme le dit très justement ta bio ..

DJ Vadim : C’est ce que dit ma bio ou tu l’as inventé ?

Réponse : Non, c’est écrit dans ta bio. Ton attaché de presse a fait du bon boulot !

DJ Vadim : Woaw, c’est clair ! C’est magnifique, j’adore cette description !

Zik Addict : Oui, et elle est aussi très juste !

DJ Vadim : Oui c’est vrai.

Question : Côté featuring, on retrouve aussi les usuelles Yarah Bravo et Sabira Jade, mais aussi de nouvelles têtes (ou plutôt voix) ; J-Man, Gregory Blackman, Heidy Vogel et Jazz Bailey… Des rencontres que tu avais envie de graver sur CD ?

DJ Vadim : Je connaissais déjà Jazz Bailey, il avait fait pas mal de backing vocals sur mon précédent album et a participé à plusieurs show. Il doit avoir 20 ou 21 ans, il n’a rien sorti et bosse dans un cinéma dans l’Est de Londres.. J’aimais beacoup son timbre de voix jazzy et je lui ai donc proposé de bosser ensemble. Il est jeune et bourré de talent. Donc oui, en règle générale, les featurings se font au grès des rencontres.

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Question : Pour mieux cerner Don’t Be Scared, amusons-nous à en faire un portrait chinois : si cet album était une rue/avenue/boulevard ?

DJ Vadim : Ce serait une petite rue très peu fréquentée… une petite impasse inconnue, mais lorsque tu la découvres et t’y aventures, tu la trouves plaisante et pleine de charme.

Question : Si c’était une salle de concert ?

DJ Vadim : : Ce serait une petite salle, genre le Point Ephémère.. Rien de gigantesque ou prétentieux. Juste un petit coin avec un gros soundsystem.

Question : Si c’était une pièce de la maison ?

DJ Vadim : La cuisine.

Question : Si c’était un cocktail ?

DJ Vadim : Ce serait sûrement fruité, avec du concombre, du melon, de la menthe… un cocktail hyper rafraîchissant, comme quand il fait extrêmement chaud et que tu plonges dans une piscine.. la sensation que produit l’eau fraîche sur la peau brûlante.. ce serait un cocktail qui produirait le même effet ! (rires)

Question : Si c’était un plat ?

DJ Vadim : …Ce ne serait pas un plat traditionnel, ni une recette classique.. Ce serait un plat nouveau, une fusion de saveurs… peut-être un plat de poisson avec de la mangue et de la noix de coco (rires).

Question : Si c’était un film ?

DJ Vadim : Ce serait sûrement Death Proof (”Boulevard de la mort”) de Quentin Tarantino, à cause des changements de couleurs.

Question : Si c’était un moyen de locomotion ?

DJ Vadim : Ce serait une planche de surf.

Question : Si c’était l’un des 4 éléments ?

DJ Vadim : Ce serait l’élément terre.. parce que c’est le seul élément sur lequel on peut danser.

Question : Si c’était un mot ?

DJ Vadim : Ce serait le point final après le dernier mot.

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