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Smokey Joe & The Kid

avril 16, 2013

Les Nasty Tricks de gentlemen-gangsters

Il se produit des petits miracles tous les jours, il suffit juste de garder l’esprit et les oreilles ouverts pour s’en rendre compte. Le chant d’un merle au beau milieu de la nuit, une conversation sur l’épigénétique et la physique quantique avec un inconnu au comptoir d’un bar à 5h30 du matin, ou encore le son rétro-futuriste incendiaire et ultra accrocheur de l’album de Smokey Joe & The Kid, Nasty Tricks, sont typiquement ce genre de petits “heureux évènements” inattendus et décalés qui mettent un grain de fantaisie et une touche de magie dans la vie.

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Lorsque le ponte de la mafia musicale bordelaise, Smokey Joe, et le producteur/truntablist mercenaire parisien, The Kid (aka Senbeï), unissent leur talent, ça vous flanque des ampoules aux pieds et fait “tomber en amour” les tympans… c’est simple, vous n’aurez d’oreilles que pour eux !
Avec son premier opus, Nasty Tricks, le binôme fait “spinner” la tête, prend en otage les platines, et captive autant qu’elle rend captif… alors n’y songez même pas, toute résistance et tentative de non-évasion seront parfaitement inutiles !

Question : Pour ceux qui ne vous connaissent pas encore, pouvez-vous revenir brièvement sur votre parcours respectif ?

Smokey Joe : J’ai commencé jeune en tant que saxophoniste dans des big bands de jazz dans les années 90. Puis je me suis mis à la basse dans un groupe de reggae dub. J’ai commencé à bidouiller de la musique électronique en 2002 sans plus jamais m’arréter.

The Kid : Mes parents m’ont mis dans une école de zik quand j’avais 10 ans. Depuis, j’ai joué un peu de tout, de l’electro au punk, en passant par le funk, en tant que scratcheur, arrangeur, guitariste…

Question : Pouvez-vous résumer la genèse de votre rencontre, puis de votre collaboration ?

On a fondé ensemble un label de musique en 2007, Banzai Lab, qui défend tous les mélanges entre musiques électroniques et instrumentales. On avait des projets qui développaient des esthétiques similaires (hip-hop, trip-hop, avec des influences jazz et musiques du monde). Tout est parti de là.

Question : Quelles sont vos influences en matière de hip-hop et d’électro ?

Smokey Joe : Elles sont très larges! J’aime tout ce qui respire, peu m’importe le média, le style, ou la composition du projet: c’est la musicalité qui m’importe. J’ai été très influencé par des labels comme Ninja Tune ou Jarring Effects. Amon Tobin, Dj Shadow, Cypress Hill, Bonobo, High Tone.

The Kid : Pareil, Ninja Tune, Le Peuple de l’Herbe, Dj Shadow, Dj Krush, et aussi toute une tripotée de champion du monde de scratch. Après, en terme de hip-hop, c’est beaucoup plus vaste, mais en général, c’est surtout du hip-hop des années 90.

Question : Ce disque est axé autour de remixes et compositions originales des années 30. Pourquoi cette période en particulier ?

Parce que c’est une musique qui était faite pour être dansée dans les clubs et qu’elle se marie très bien avec des grooves hip-hop. En lui donnant un coup de lifting et en l’associant à l’énergie de la musique électronique: ça crée un cocktail détonnant.

Question : Nourrissez- vous une fascination pour cette époque ?

Non pas du tout. Mais il y a une quantité phénoménale de compositeurs et d’artistes excellentissimes. Cab Calloway, Washboard Rythm Kings, Harry White, Duke Ellington, Count Basie, Billie Holiday, Gene Krupa, et on pourrait continuer des heures à les énumérer tous.

Question : Ecoutez-vous (de façon régulière) de la musique des années 30 ?

Smokey Joe : Souvent oui, ça nettoie les oreilles, et ça met une touche de classe dans la vie de tout les jours. Faire le ménage avec Ella Fitzgerald, tout de suite, ça en jette.Alors un diner au chandelles…

The Kid : Non pas vraiment, j’écoute énormément de chose différente. Ca tourne dans les playlists.

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Question : Vous avez invité de nombreux artistes à collaborer à ce disque. Sont-ils des amis, des connaissances ou des artistes que vous kiffez particulièrement et avec qui vous rêviez de travailler ?

Des amis, mais aussi beaucoup de rencontres, réelles ou virtuelles. On n’aurait surement pas pu réaliser ce disque il y a 10 ans. On a ainsi pu collaborer avec des artistes des 4 coins du monde. Mais on aime surtout rencontrer les gens dans la vraie vie, dans des soirées ou des festivals, pour boire un verre et discuter de musique, de la vie. On a été très heureux que des gens aussi talentueux et reconnus que R-wan (Java), Lateef The Trushspeaker ou Puppetmastaz aient très vite acceptés de participer à ce projet, car ils aimaient notre musique. Et cette reconnaissance là n’a pas de prix.

Question : Comment se sont déroulées les phases de composition et d’enregistrement du disque ?

Ca fait deux ans qu’on produit beaucoup de swing hip-hop pour nos sets lives. On a travaillé ensemble pendant un an pour composer la musique des titres de l’album, puis on a fait le tri dans tous ces morceaux pour garder ce qui nous semblait le plus cohérent. Puis 6 mois pendant lesquels on a enregistré les différents featurings. On a encore plein d’idées et de titres à faire découvrir.

Question : Y a t-il eu un morceau spécialement difficile à mettre en boîte ?

On a la chance que les musiciens et MCs avec qui on bosse soient pleins de talents, et c’est souvent la première prise qui sonne le mieux. Après, on a progressé entre temps, et du coup, les plus vieux morceaux, comme Evening, ça a pas été facile de leur donner la même patate que les morceaux plus récents.

Question : Avez-vous un/des morceaux préférés sur ce disque ?

Smokey Joe : “Trippin’”, elle a quelque chose de vraiment frais et nouveau. Qui ne sonne comme aucun autre titre. Je n’ai jamais entendu un morceau similaire.

The Kid : Pareil, “Trippin’”, mais surtout parce qu’y a Puppetmastaz, et que j’suis fan depuis très longtemps !

Question : Faisons un petit portrait chinois du disque.. Si ce disque était un lieu ou un paysage ?

Smokey Joe : Un vieux tripot blindé d’illustres mercenaires.

Question : Si ce disque était une rue/boulevard/avenue ?

The Kid : Brooklyn District, New York.

Question : Si ce disque était une pièce de la maison ?

Smokey Joe : Le grenier.

Question : Si ce disque était un cocktail ?

The Kid : Pas de cocktail: Jack, double.

Question : Si ce disque était un plat ?

Smokey Joe : Une pizza Napolitaine.

The Kid : Une crème brulée au Grand-Marnier.

Question : Si ce disque était un film/série TV ?

Smokey Joe : Boardwalk Empire.

The Kid : Les Affranchis.

Question : Si ce disque était un moyen de locomotion ?

Smokey Joe : Une traction avant de 1936.

The Kid : Une diligence ! Braquée, de préférence.

Question : Si ce disque était un vêtement ou accessoire de mode ?

The Kid : Un holster.

Question : Si ce disque était l’un des 4 éléments (air/terre/feu/eau) ?

Smokey Joe : de la Fumée.

The Kid : Du feu mouillé, mélangé avec de l’air dans un pot de terre.

Question : Si ce disque était un mot ?

Smokey Joe : Guet-apens

The Kid : Dynamite.

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