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The

juillet 12, 2009

The Answer a trouvé sa réponse

Eurockéennes de Belfort 2009. The Answer joue sur la grande scène, en milieu de l’après midi.
A mi-chemin entre le plaisir de jouer sur une scène imposante et la déception d’un horaire pas forcément avantageux, le groupe fait fort de montrer qu’ils sont les dignes héritiers d’AC/DC, ou encore de Led Zeppelin.

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Après le concert, Cormac Neeson, le chanteur, me reçoit dans la loge du groupe – qui semble sponsorisée par Jack Daniels. Encore tout transpirant, une bière à la main, les yeux pas tout à fait ouverts et un accent irlandais à couper au couteau, il répond avec décontraction à des questions pas toujours intelligentes.


Question : Euh, j’ai cette question complètement stupide à te poser…

Cormac : Laisse-moi deviner…


Q : Est-ce que tu as la réponse?

Cormac : Bien sûr que oui !


Q : Et qu’est-ce que c’est?

Cormac : Si je te le disais, je devrais te tuer.


Q : Ah. Pourquoi le groupe ne s’appelle pas The Question?

Cormac : …Pour donner aux journalistes des questions à nous poser.


Q : T’inquiète pas, je serai toujours là pour trouver des questions stupides. J’étais dans la foule pendant votre concert, et les gens faisaient de la bronzette… Est-ce que c’est la meilleure façon de vous écouter ?

Cormac : Pas forcément. Mais tu sais, au fur et à mesure, les gens se sont mis de plus en plus à bouger, et pendant le dernier titre, j’ai regardé le public, et ils étaient au moins quatre à slammer. Les gens sont devenus graduellement plus enthousiastes. Et c’est ça qu’on veut obtenir, tu sais, parce que la plupart des gens devaient entendre notre musique pour la première fois…


Q : Je t’ai vu sauter de scène pour aller dans la fosse.

Cormac : Ouais, j’aime bien descendre, dès que c’est possible… Parfois, je reste coincé en bas parce que je peux descendre, mais je ne peux pas remonter !


Q : Du coup tu es obligé de faire un repérage avant de monter sur scène…

Cormac : Ben je le fais, en général. Avant les concerts, je jette un coup d’œil pour voir comment ça se passe, si je peux descendre et remonter, ouais.


Q : Et quelle est la pire chose qui te soit arrivée sur scène ? Je veux une histoire d’horreur.

Cormac : Ah, c’était il y a quelques concerts… à Toulouse, je crois. J’avais des problèmes avec le câble du micro qui se débranchait, pendant tout le concert. Du coup la voix se coupait en permanence. Je n’arrêtais pas de remettre le câble, bref. Pendant le Belfast Blues, je chante, et le public chante aussi. Donc je me prépare, tout le monde est bien excité et prêt pour ce chant massif. Je chante comme d’habitude, tu vois, “Ooh yeah !” et je tends mon micro dans la direction du public pour qu’ils chantent à leur tour. Le micro vole de ma main, frappe cette fille du premier rang au beau milieu du front, et je reste debout sur scène avec juste le câble dans ma main… J’ai dû sauter dans le public, m’excuser auprès de la fille, choper mon micro, remonter sur scène et tout recommencer. C’était plutôt horrible ! .. C’est jamais très sympa de faire physiquement mal à tes fans.


Q : Ouais, c’est plus grave que si tu te fais mal à toi. Mais c’est un peu drôle quand même.

Cormac : Maintenant c’est drôle. Et surtout, j’ai parlé à la fille après le concert, et elle ne semblait pas vraiment souffrir.

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Q : Bon, vous avez tourné avec des groupes immenses ; The Who, et en ce moment avec AC/DC…  Comment fait-on pour jouer avec de si gros monstres ?

Cormac : Eh bien, de toute évidence, nous sommes en ce moment sur la plus grosse tournée de notre vie. Plus d’un an avec AC/DC partout dans le monde. Il n’y a rien de plus gros qu’une tournée avec des gens pour qui nous avons tant de respect… Alors il faut monter sur scène et donner tout ce qu’on a. Parce que l’équipe d’AC/DC est composée de personnes qui, si tu n’es pas en train de donner le meilleur de toi-même, vont se mettre à te jeter des trucs au visage. Et crois moi, tu ne veux pas que ça arrive. Et quand tu montes sur scène dans ce type de contexte, c’est le moment que tu as attendu toute la journée, alors tu dois vraiment y aller à fond.


Q : Et qu’est ce qu’on apprend en tournant avec ces groupes ?

Cormac : Que tu dois être amoureux de ta musique pour être convaincant. Brian Jones et Angus Young, ils vieillissent, mais ils vibrent toujours autant ; ils sont toujours capables de tenir 70 milles personnes dans le creux de leur main. Par contraste, il y a d’autres groupes de la même génération qui ne sont pas aussi passionnés qu’avant. Et c’est un peu triste. Alors j’ai appris que tu peux continuer longtemps, du moment que tu conserves une certaine passion – une obsession pour ta musique. Si tu ne te donnes pas à 100%, alors autant laisser tomber.


Q : L’année prochaine The Answer aura 10 ans. Vous avez préparé quelque chose de spécial ? Vous allez peut-être vous reposer ?

Cormac : Se reposer, je ne pense pas. Je prévois quelques années de boulot pour The Answer. On ne va pas fêter nos dix ans et décider de se mettre à quelque chose de différent. Parce qu’en ce moment, on est en train de monter. Et c’est une sensation agréable. On s’y plaît tellement qu’on va continuer ce qu’on fait, en espérant que tout ça continue.


Q : Vous semblez savoir où vous allez…

Cormac : Ouais. Cette dernière année nous a permis de comprendre qui on est et ce qu’on veut dire. Cela n’a pas toujours été évident.. ce genre de chose se met en place au fur et à mesure. Mais on a confiance en notre identité de groupe et nous avons la chance de faire quelque chose d’important en ce moment… ça fait du bien !
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Never Too Late (The End), sortie : Novembre 2008


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