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Fleurs

novembre 22, 2007

A fleur de notes 

Aujourd’hui, j’ai décidé de mettre un coup de projecteur sur un groupe de 11 filles.
Non, pas un de ces groupes qui tournent des clips à gogo en se déhanchant lascivement sur de la musique R’n’B soupe n’roll.
(Ne me demandez pas ce que signifie cette expression, je viens de l’inventer…)
J’évoque en ce lieu saint, un groupe de tango franco-argentin qui obtient un joli succès d’estime actuellement. Les salles sont pleines à chaque apparition.
Les Fleurs Noires, donc.
Le tango, vous savez, cette musique masculine qui parle des femmes, d’amour, de chagrin et  de passion. En même temps, la sensualité du tango, c’est une affaire de femmes…

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Les demoiselles de Fleurs Noires nous livrent un tango vigoureusement contemporain qui se démarque du tango traditionnel…
Ce qui les caractérise c’est ce mélange de classe, d’élégance, de fraîcheur et …de culot!
Il y a une chanteuse qui vient de Rio, Debora Russ. Pour le reste, 4 violons, 1 piano, 1 violoncelle, 1 contrebasse et 2 bandonéons.
En première ligne, Andréa Marsili (pianiste et directrice musicale du groupe).
Je l’ai donc interviewée pour en savoir plus sur ce groupe qui m’intriguait pas mal.
Elle m’explique d’abord son parcours. Je résume :
Professeur National de Musique (piano) à Rosario (Argentine), elle fait ses études de tango avec Rodolfo Mederos, Javier Lore et Pepe Ferrer puis avec Juan José Mosalini, au conservatoire de Gennevilliers. Elle est titulaire d’une Maîtrise de Musique, option piano, à l’université de Hartford (États-Unis) et elle a obtenu en 1997 le premier prix du Concours National de tango en Argentine. Pianiste de l’orchestre de tango de Rosario (Argentine), elle est aussi directrice et pianiste du quintet Gotan à Boston (USA) et joue dans le Tangazo Trio à Paris.
C’est elle.
Elle m’explique pourquoi leur groupe a fait le choix d’ignorer la mixité.

- Les groupes de tango sont généralement composés uniquement d’homme. C’est un milieu extrêmement macho. Toutes les femmes, musiciennes confirmées dans les domaines classiques et populaires, qui composent Fleurs Noires, ont eu du mal, à une certaine époque, à s’imposer dans ce domaine. Les femmes, je vous l’assure, ne sont pas les bienvenues dans ce monde là. Nous émancipons donc la place de la femme dans cette musique.

De leur tango se dégage une force sensuelle, toute en nuances, qui est le fruit de la diversité de ses racines. Certains « experts » en la matière vont jusqu’à dire qu’elles sont l’avant-garde du tango.

- C’est parce que Fleurs Noires disposent d’un répertoire basé sur des compositions originales créées spécialement pour l’orchestre par des compositeurs confirmés comme Eduardo Acuna, Víctor Parma et Gerardo Jerez Le Cam. Et moi aussi. Il faut dépoussiérer un peu tout ça !

Bref, il est question « d’authenticité de la tradition avec une touche résolument moderne ».
Gérer un groupe de 11 femmes ne doit pas évident.
- Cela se passe très bien. Il y a bien quelques susceptibilités à ménager mais comme dans tous groupes. Franchement, nous nous entendons toutes à merveille.

Une telle complicité se sent, se voit et s’entend.
Les Fleurs Noires affichent leurs différences, marquent leur féminité, en jouant de l’humour et du glamour, et interprétant un tango résolument nouveau, loin du cliché…

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