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Kathleen

avril 6, 2008

Kathleen Edwards se met à nu

Asking For Flowers, son nouvel album hyper intimiste. La jeune canadienne a délibérément choisi de se mettre en danger en dévoilant son histoire, ses sentiments et ses pensées les plus profondes.

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Question : Cela ne vous dérange pas de parler de choses aussi personnelles dans votre album ?

Kathleen Edwards : Oui, c’est effrayant. Mais en même temps, je me dis que dans mes livres préférés, il y a probablement des détails très personnels de la vie de l’auteur, cachés derrière la fiction. Alors je procède de la même façon. D’ailleurs, c’est marrant que tu me poses la question, parce que dans l’album il y a une chanson qui s’appelle “Sure As Shit”. Un ami qui a travaillé sur l’album m’a appelée pour me dire “tu es sûre que tu vas mettre cette chanson sur l’album ?” Moi j’ai répondu que oui, parce que d’autres personnes avaient insisté pour que je la mette sur l’album. Lui a répondu : “je ne peux pas l’écouter, parce que j’ai l’impression de t’interrompre avec ton petit ami, ou ton mari. J’ai l’impression de tenir la chandelle.”

Q : C’est vrai que votre musique nous donne l’impression d’être des voyeurs. (rires) On a l’impression de regarder quelque chose que l’on ne devrait pas voir.

K. E. : Ceci dit, je pense qu’il n’y a rien de pire qu’une chanson qui est toute plate. Parce qu’il n’y a aucune implication. Tu sais, on a toujours des réactions intenses à des chansons qui sont elles-mêmes intenses. Je crois que je suis devenue ce type de songwriter. D’ailleurs ce disque a été très difficile à faire.


Q : Mais vous vous êtes donnée plus de temps pour le faire.

K. E. : Eh bien, ça a aussi pris plus de temps parce que j’avais pas vraiment de nouveaux titres à enregistrer à la fin de la tournée. Et, tu sais, il y a un titre qui s’appelle “Scared At Night”, qui parle de mon père et moi… Cette chanson n’est pas cryptique, elle reprend mot à mot mes souvenirs d’enfance. C’est comme ça que j’économise beaucoup d’argent que j’aurais dépensé en thérapie. Et je ne voudrais pas sembler niaise, mais cette chanson a été dure à écrire. Je ne m’étais pas rendue compte à quel point ces souvenirs étaient encore si intenses. Mais je ne peux pas être la seule personne sur terre à avoir une connexion particulière avec ses parents. Enfin, j’ai vraiment tenté de m’approprier cet album en écrivant la vérité, en suivant mon intuition… Et si je n’y crois pas, alors comment les autres pourraient y croire ? Comme pour Britney Spears ; les gens l’écoutent parce que c’est vide.

Q : Oui, mais on ne l’écoute pas en recherchant la vérité, mais plutôt en recherchant le fantasme.

K. E. : Oui, c’est vrai. Tu as des musiques qui sont concentrées sur les ressorts soniques et la production, sans trop s’intéresser au contenu. Et il y aura toujours ce genre de musique. Mais cela ne m’intéresse pas. Moi, ce qui m’intéresse, ce sont les chansons qui ont changé ma vie, les chansons qui parlent de quelque chose.

Q : Mais est-ce que ce n’est pas un peu lourd à porter parfois ? Est-ce que vous n’avez pas envie de chanter des trucs qui bougent ?

K. E. : Mais je peux te citer dix chansons qui groovent ou qui sont rock, et qui racontent quand même quelque chose. “I Won’t Back Down” de Tom Petty, “(Can’t Get No) Satisfaction” des Rolling Stones… Ce sont des chansons qui bougent. Comme Belle & Sebastian ! Leur carrière entière a consisté à écrire des chansons sombres d’une façon pop. C’est ça le défi ! C’est de pratiquer ce type de détournement.

Q : Pourquoi avez-vous décidé de donner à votre album le titre de la chanson “Asking For Flowers” ? Est-elle la chanson la plus importante de l’album ?

K. E. : Je pense que oui. Cette chanson parle d’une de mes amies. Elle se débat avec la maladie mentale et les problèmes physiques. Et tu sais, on pense toujours qu’on peut aider les gens, et on leur dit qu’on sera là pour eux. Avec cette amie, j’ai eu une conversation téléphonique, et à la fin de cette conversation, quand elle a raccroché, je n’étais pas certaine que je la reverrais jamais. Elle était dans un tel état… J’ai écris cette chanson parce qu’une semaine plus tard, quand je l’ai vue, elle m’a dit : “j’ai l’impression que ma vie se résume à demander des fleurs.” Sur le coup, je n’ai pas compris, alors elle m’a précisé : “je ne peux pas demander à quelqu’un de vouloir m’offrir des fleurs !”

Q : Et ça ne la gène pas que vous racontiez son histoire ?

K. E. :
Sans doute, oui. De toute façon, il y a très peu de gens qui savent exactement de qui je parle. Et j’imagine que ça la valorise, que quelqu’un écrive une chanson pour elle, sur sa lutte. Cela valide le fait qu’elle passe par des moments très difficiles.

Q : L’album en lui-même a été enregistré avec Jim Scott, et vous l’avez co-produit. Comment ça s’est passé ?

K. E. : Il avait mixé mon dernier album. Tu sais, en réécoutant les meilleurs albums de la fin de mon adolescence, je me suis rendu compte qu’il avait travaillé sur la plupart d’entre eux. Que ce soit à la production, à l’enregistrement, au mix… C’était mon Phil Spector. Et travailler avec lui était incroyable, nous avons tout de suite ressenti une connexion particulière.

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Kathleen Edwards ; Asking For Flowers (UCJ), sortie : avril 2008.
Pour en savoir plus sur la demoiselle, allez jeter un coup d’oeil (et d’oreille) sur son myspace : www.myspace.com/kathleenedwards



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