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Housse

novembre 2, 2008

Jeu, set et clash !

Nom énigmatique, pour un groupe singulier, Housse de Racket, c’est LE buzz de cette rentrée 2008.  Avant même le concept, c’est d’abord un groupe formé par deux potes qui se connaissent depuis l’école primaire de leur Yvelines natale .

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Ces deux garçons dans le vent  distillent une musique entre la pop, le funk et l’électro. Prenez un peu de Sébastien Tellier, une touche de Laurent Voulzy et beaucoup de Daft Punk, vous obtenez un ovni musical proprement inclassable.
Grosse déception, une fois sur place, je m’attendais à deux déjantés.. à la place, je me retrouve face à deux compères sagement assis, qui se prêtent à l’exercice de l’interview avec sérieux, promo oblige. Plutôt à l’aise dans leurs jeans slim et leurs baskets blanches vintage, ils semblent tout droit sortis d’un magazine de pop londonienne.

Pierre
et Victor ont des choses à dire, bavards ils déroulent leur aventure, leur rencontre il y a 10 ans au conservatoire de Chaville, leur « formation classique », leur expérience sur scène avec leur premier groupe, «  on était 16 sur scène, avec les cuivres et tout ça, on était motivés à bloc, on voulait être pros. »
Peut-être trop motivés pour s’exprimer librement dans un tel orchestre, ils quittent la troupe et décident de s’associer. La révélation, c’est la French Touch de leurs voisins Versaillais, Air, Daft Punk. « On a halluciné, on adorait leur musique, tout le monde achetait leur disque, on s’est dit qu’il fallait faire la même chose. »

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De là, sont nés ce qu’il nomment les « premiers germes » de Housse de Racket. « On voulait au départ racketter la house, en plus avec house, on gardait  le côté fait maison. Le problème c’est qu’on s’est rapidement rendu compte que la house était un exercice de style vraiment compliqué à reproduire ! On y arrivait pas du tout ! On a quand même gardé le nom et le côté synthétique. »

D’influences aussi diverses que Gainsbourg, Stevie Wonder ou  Mickael Jackson, ils essaient de reproduire des sonorités,  piochent dans ce qu’ils aiment, achètent du matériel et commencent à enregistrer chez eux. Le savant mélange de tout qui ne ressemble à rien de connu fait leur force ; « Housse de Racket c’est une entité propre, le groupe a sa propre case et on est bien embêtés quand on nous demande ce qu’on fait comme musique. »

Quand je leur parle des live, ils se redressent, s’agitent, se regardent complices, « on est chauds ! » et effectivement, ils commencent à jouer en 2005 dans des clubs parisiens branchés (Le ShowCase, le Baron…). Ils suivent Phoenix, Micky Green dans leurs tournées internationales au Japon, aux Etats-Unis, en Allemagne, en Angleterre. Ils jouent avec Benjamin Diamond (Stardust), Jean-Benoît Dunckel (Air) et seront les invités du Grand journal de Canal +  en 2006 alors même qu’ils n’avaient rien à vendre. Leur manière de raconter tout ça laisse penser qu’ils n’en reviennent toujours pas. Et pourtant… Deux rencontres vont définitivement sceller leur destin.

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Gonzales (Feist, Christophe Willem…) les contacte pour ensuite confier leur démo à Renaud Létang (Alain Souchon, Manu Chao, Matthier Boogaerts), qui prend le relais.
Les yeux brillants, sourire aux lèvres ils racontent, « ils sont un peu nos parrains tous les deux. Renaud Létang, tout le monde le veut. Quand on est arrivés dans ses studios, on a halluciné, à la fois stressés et excités, il en impose quand même!  Il a sublimé Housse de Racket, on lui a confié notre bébé car cet homme sait comment faire sonner un disque et on a pas eu besoin de se prostituer. Passer de la chambre de la sœur de Pierre à ça, c’est un truc de fou.»  Dans le travail de composition, les deux potes sont aussi complémentaires,  « chacun y met sa patte, c’est 50-50 ou alors on compose à partir de bœufs. »

Sans avoir prévu un tel engouement, ils s’expliquent « On a tout fait pour que ça fonctionne, c’est le fruit de beaucoup de travail. Même si ça arrive, on ne s’attendait pas à ça. On garde les pieds sur terre, l’album n’est pas encore sorti, en terme de vente on ne s’attend à rien, on ne se fait pas d’illusion. »
Avec cette envie exacerbée de s’amuser, les deux acolytes poussent leur singularité au maximum. leur album, Forty Love, est en français, chose étonnante  pour un groupe aux influences anglo-saxonnes. Ils se justifient en disant que « l’accent pourri anglais », ça leur fait « un peu pitié ». « On voulait être original, et le pari qu’on a fait il y a trois ans est en train de fonctionner. Chanter en français, c’est tromper moins de gens et paradoxalement on se sent plus proches des groupes français qui chantent en anglais, d’ailleurs on en connaît pas mal qui sont nos potes, le côté rock en français, on ne se reconnaît pas dedans.»
Pour finir, ils ajoutent, « finalement on a semé des graines, certaines sont en train de donner des fleurs, et tout ça arrive au bon moment. L’album sort parce qu’on est prêts et pas parce qu’il doit sortir ».

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Forty Love
(Discograph), octobre 2008



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