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Grace

septembre 2, 2008

Amazing Grace !


Grace
est une parfaite inconnue, mais risque bien de ne pas le rester longtemps. Le disque, Hall of Mirrors, aux influences planétaires (!!), est un disque majeur… rien de moins.
Cette jeune femme aux allures de danseuses orientales est une Américaine (née au Canada) empreinte de spiritualité et de sagesse. C’est en tout cas ce qu’elle dégage à l’écoute de ce premier album folk- blues- reggae-soul en tout point réussit.
Le rendez-vous s’est tenu dans le bureau du président de Universal Music France, Pascal Nègre.

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Grace m’accueille avec un sourire timide, une poignée de mains chaleureuse, mais semble trouver incongrue l’idée de devoir parler d’elle à un inconnu, même s’il est journaliste.

- C’est tout nouveau pour moi et ce n’est pas un exercice facile pour quelqu’un qui pense tout exprimer de sa vie et de sa pensée dans ses chansons.

Plutôt humble de nature, après maintes questions, la chanteuse finit par expliquer qu’elle est une enfant de la balle et que sa vie a toujours été bercée par la musique… par « les » musiques, serait plus exact.

- Mes deux parents sont des musiciens de « folk » américains et j’ai vraiment grandi en tournée avec eux. J’ai appris à marcher dans un bus.

Je vous passe sa vie de baroudeuse en Alsace, en Californie, dans le Montana ou à Paris.

- Je n’ai pas de repères. Je me sens chez moi partout et je me sens étrangère partout. C’est paradoxal, mais je suis ainsi. Je m’identifie à une gitane.

C’est l’Afrique et l’Inde qui semblent avoir influencé sa musique et sa façon de vivre.

- Au Kenya, on a fait des rencontres absolument fabuleuses dans le désert. C’était transcendant pour un enfant de 7 ans de vivre avec la musique acoustique du désert. C’était un élément déclencheur important de mon amour pour la musique africaine.

Grace raconte ensuite ses allers-retours vers ce continent pour apprendre l’art des griots. Nomade insatiable, elle part ensuite en Inde pour s’imprégner de yoga et de musique soufie.

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- Je suis un peu révolutionnaire. Je veux comprendre comment fonctionnent l’être humain et plus généralement, la marche du monde… Je lis beaucoup puis j’explore les concepts que je lis, j’écris aussi énormément. J’adore les ponts entre la musique, les gens et la littérature. La planète est tellement petite, personne ne se rend compte qu’on est tous pareils. On passe son temps à parler de nos différences alors qu’au fond, on veut tous la même chose.

Avec une voix exceptionnelle, elle aborde dans ses chansons des thèmes universels dans lesquels l’amour, la tolérance et la fraternité dominent.

- Je me considère comme une « transmetteuse ». Avec la musique, on a une responsabilité. On doit partager des valeurs. Je ne prends surtout pas à la légère le fait d’avoir la parole, je vais en profiter pour ne pas la gâcher et pour creuser sur la vérité. Vous savez, partager et donner, c’est aussi recevoir.

Je suis assez conquis par la demoiselle, mais son discours un chouia ésotérico-naïvo-philosophique me laisse de marbre. Je lui demande si, pour elle, faire un disque est une suite logique de son parcours de vie.

- Ma mère possède encore des chansons que je chantais quand j’avais 4 ans. Je les avais inventées moi-même. Dans la famille, on écrit tous des chansons. Cela fait partie d’un fonctionnement. On digère la vie avec la réponse musicale. La musique, finalement, je l’ai apprise de manière intuitive… et non scolaire.

Elle chante donc depuis son enfance et sa guitare est toujours à portée de main.
Aujourd’hui, Grace chante sans aucune once de prétention, « la sensation d’être perdu, alors qu’il suffit souvent d’ouvrir les yeux pour avancer, la difficulté des rapports amoureux, la rébellion contre l’égoïsme qui fait tourner le monde, ou l’affirmation que la vraie richesse est celle du cœur…

Le premier album est une pépite dans laquelle chacun peut deviner son propre reflet. À découvrir impérativement !

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Hall of Mirrors
(Mercury), sortie : septembre 2008



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