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Alexandre Kinn

juillet 12, 2008

Sur la bonne roots…

Encore un qui déboule et qu’on n’avait pas vu venir… un bon en plus ; Alexandre Kinn. Sa chanson “Aude (Emmène-moi)” tourne sur pas mal de radios.

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Sa bio ne nous apprend pas grand-chose sur le monsieur. Extraits :
« Parti pour devenir égyptologue, Alexandre se prendra les pieds dans la musique pour de bon, après un voyage de plusieurs mois à la Nouvelle-Orléans et la découverte du blues… Il entame un autre voyage à Paris qui ne devait durer que quelques jours pour finalement y rester et faire ses classes en écumant les bars. Le répertoire se forme, et les rencontres se multiplient… »
Un peu court jeune homme, comme explication !
Je suis donc allé à sa rencontre, chez AZ/Universal, pour en savoir un peu plus sur lui et son premier disque, Dans La tête D’un Homme.
En bas de l’immeuble de la multinationale, je rencontre une amie attachée de presse d’une autre maison de disques. On papote quelques minutes et elle finit par me demander qui je viens interviewer. Je réponds, mais elle ne voit pas qui est ce Alexandre Kinn. Au moment où je réponds : « il fait un peu comme Christophe Maé, mais en plus authentique, moins variétoche… », l’artiste en question passe devant nous en nous regardant bizarrement. Comme je connais mal son visage, je ne suis pas certain qu’il s’agisse de lui.
Je le suis.
Nous montons ensemble dans l’ascenseur. Je lui demande opportunément : « vous êtes Alexandre Kinn ? ». Il me regarde amusé. « Non, je suis Christophe Maé ! ».
Très drôle.
Bon, ça y est, on est pote puisqu’on se taquine déjà…
En vrai, son style ce serait plutôt John Butler Trio, G. Love and Special Sauce, Bob Dylan, Ben Harper ou Jack Johnson dans la composition musicale, m’explique-t-il, une fois installé dans la salle d’interview.

- J’ai placé des textes français sur de la musique américaine. Tu enlèves le texte en Français, ça sonne ricains, je t’assure. Tout est roots. Pour être plus précis, mon album est un condensé de ce que j’ai joué jusqu’à présent. Du blues, du folk et de la chanson « songwriter ». J’ai tordu le système dans tous les sens pour trouver la bonne alchimie de tout ça. J’ai plein d’abats… sur 80 chansons, 13 sont sur le disque, le reste est à la poubelle.

Je lui réponds, en plaisantant à moitié, qu’il s’agit donc d’un best of de ses meilleures chansons.
Il acquiesce en se marrant.
Je lui demande ce que ça lui fait d’être là, à parler de son « œuvre », de marcher dans la rue et de voir sa tronche sur tous les murs de Paris (car tel était le cas)…

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- C’est vraiment bizarre. Il y a peu, je chantais dans les bars, je faisais la manche dans le métro, personne ne venait me poser des questions. Je trouve ça intéressant de parler soudain de mes chansons. Elles sont la fin d’un trajet. Je démarre un nouveau cycle avec ce disque. Je considère que c’est la fin de 8 ans de galère parisienne.

Rassurez-vous, il ne se croit pas arrivé. Il sait parfaitement qu’il va falloir se battre pour rester dans ce milieu et construire une carrière. Alexandre Kinn est un type humble et sympathique. Juste, il a quelques étoiles dans les yeux et je trouve ça beau.

- Moi, j’attendais la reconnaissance de mes pairs, les musiciens. Je commence à sentir que je suis un peu respecté. Quant au public, il y a tellement de paramètres pour que la sauce prenne, ou pas… Je suis très lucide. Nous vivons dans un monde où le CD est en train de disparaître. Il n’y en aura plus dans 5 ans, c’est une certitude. Tout va désormais se jouer sur le live.

Je lui fais remarquer que, quand même, il y a sur le marché du disque français de plus en plus de chanteurs « roots ». Je ne prends pas comme exemple des artistes comme Maé et De Palmas, mais je le pense très fort…

- Les gens en ont marre du superficiel dans la musique. Ils ont besoin d’authenticité. Des prises de guitares simples, de voix, de chansons pures… et moi, c’est ce que j’ai toujours fait.

Il n’ira pas plus loin dans ses explications.
Je remarque qu’il est très curieux. Il me pose quelques questions du genre : « tu définirais comment ma musique ? », « quelles chansons tu préfères dans l’album ? ». Je réponds un peu maladroitement à tout ça. Je suis plus à l’aise dans l’exercice inverse. Poser des questions, je sais faire, y répondre, je ne suis pas un as…
Alexandre Kinn est très sincère. Il ne veut pas jouer à l’artiste au passé tumultueux et difficile : « Je viens du sud de la France, de Hyères plus précisément. Je n’ai jamais eu de problèmes dans mon enfance. Tout a été toujours très calme… ».
N’est pas Édith Piaf qui veut.
(Très intéressante, cette dernière remarque… de mieux en mieux François !).
Il me confie aussi qu’il a besoin de repères pour avancer dans ce métier :

- J’ai une petite équipe avec moi. Un « crew » comme on dit dans le milieu hip hop, que je respecte d’ailleurs beaucoup. Mon manager, mes musiciens, mon régisseur et mon ingé son sont un peu ma deuxième famille. Nous sommes très soudés et c’est rassurant pour moi.

J’aime les gens qui ne cachent pas leurs failles.
Alexandre Kinn
n’est pas Superman, mais il joue bien, il chante bien, et ses textes ne sont pas dénués d’intérêt.
C’est tout ce qu’on lui demande.

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Dans La tête D’un Homme
(AZ/Universal), sortie : mars 2008



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