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mars 1, 2008

Ma Valise voyage beaucoup !

Le lundi 21 janvier dernier, j’ai rejoint dans un bar proche de la Maison de la radio trois des cinq membres du groupe Ma Valise.
Ma Valise est un groupe Nantais qui sévit sur scène depuis 1999. S’ils ne sont pas encore très connus du grand public, nombreux sont ceux qui ont eu la chance de les découvrir sur scène. Plus de 400 concerts en tout dont plusieurs dates à l’étranger, notamment en 2006 (Allemagne, Bosnie, Maroc).

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Avec leur attachée de presse, Marie, ils m’attendent à une table. Enfin, disons qu’ils finissent de papoter avec le précédent journaliste. Cela me fait toujours tout drôle de voir des rockeurs tout sages. Je regarde sur la table… café, thé… je cherche le milk shake.
Evidemment, dans ces cas là, je reste sobre (c’est extrêmement difficile de jouer ce rôle de composition…). Hop, un café pour François.
Je reconnais là Raphael Rialland (chant/accordéon), Ronan Niel (chant/guitare/batterie) et son frère Gweltaz Niel (contrebasse/chœurs).
Manque donc Michel Pinault (batterie/guitares/chœurs) et Donatien Pavageau (chant/tubas). Il n’y a aucune raison que je ne les cite pas.
Je dois vous avouer que je ne suis jamais très à l’aise quand je dois interroger plusieurs personnes à la fois. Je suis un chantre du tête à tête. Mon mode de fonctionnement, je l’ai déjà dit ici, est la conversation. Faire semblant d’aller dans tous les sens pour aboutir où je veux. Je maîtrise bien le grand n’importe quoi. Les interrogés baissent la garde et ils se confient plus facilement.
Je sais faire ça.
Mais quand il y a plusieurs personnes, c’est plus délicat. Mes grosses ficelles habituelles, je ne peux pas les utiliser.
Heureusement ses 3 musiciens là sont très sympathiques. Ils sentent bien que je ne connais pas parfaitement leur discographie mais que j’ai potassé.
Je leur parle du style du groupe. Entre rock, chanson et world… avec des sonorités africaines et latines, de la musique tziganes populaires d’Europe de l’Est et bien d’autres couleurs.
J’évite de leur demander ce que signifie le titre de ce troisième album Maya Yé ! parce que je l’avais lu dans le dossier de presse (j’ai potassé, j’vous dis !) : Maya Yé, veut dire en langue africaine dioula « voilà quelqu’un de sincère, de généreux, d’humaniste ».
Je récite ma leçon en leur disant que leur premier album était très « nouvelle chanson française » (terme le plus con de cette décennie pour évoquer les petits nouveaux qui déboulent dans le milieu, mais, à part ça, personne ne sait trop ce que ça veut dire…), le deuxième, très ‘world music’ à donf’…
Et celui là ? La synthèse des deux ?
(Là, je sens que je les impressionne.) Je ne sais plus lequel des trois me répond, mais j’ai obtenu une réponse que voici.

- Dans cet album, on a surtout recherché une cohérence. Maya Yé est plus « raisonnable que les précédents ». On a mieux catalysé les influences que l’on avait de partout. Nous étions un peu trop influençables, nous avons donc décidé de ne pas trop se barrer dans la word music. Je pense qu’on a enfin notre son. Ce disque est un aboutissement.

Ce que j’aime dans Ma Valise, c’est qu’ils interprètent des chansons sérieuses et graves sur une musique festive et un ton humoristique non dénué d’intérêt. Un mélange vraiment détonnant.
Attention, ils dénoncent quand même la violence et l’injustice dans le monde ! Je sais, dit comme ça, on pourrait se dire : « tsss… encore un groupe démago ! ». Oui, mais non. Ils ont l’art et la manière. Il en faut de la retenue, de la délicatesse, du savoir faire pour évoquer l’immigration « forcée », les sans papiers, la chasse au faciès (par exemple) sans passer pour des donneurs de leçons (ceux là, je ne les aime définitivement pas).
Avec Ma Valise, ça passe. On en redemanderait presque.
Vous pouvez ôter le “presque”.
J’apprends aussi qu’ils s’investissent dans des projets associatifs et qu’ils participent à toutes sortes d’évènements culturels portés vers « l’autre », c’est-à-dire son « prochain ».
Partout où ils passent, la mélancolie trépasse.
Si vous avez besoin d’un peu de dépaysement, d’évasion et de musiques endiablées et ensoleillés, c’est le moment de prendre votre ticket pour ce tour du monde musical décapant.
Enfin, c’est juste un conseil.

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