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Pascale

juillet 18, 2008

Une Picard, sinon rien !

L’album de Pascale Picard est sorti le 30 juin. J’en suis fou.
Au début, quand on m’en a parlé, j’ai répondu, intraitable : « Tu sais, moi, les folkeuses, ce n’est pas my cup of tea ». Eh puis, comme je ne suis pas influençable, je me suis fait envoyer le squeud. J’ai kiffé grave !

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Quand je l’ai écouté, je l’ai réécouté (ainsi, plusieurs fois de suite).
Quelle voix, nom de Zeus !
J’ai été convié dans un hôtel de la place Charles Dullin, à Paris, le 21 juin.
Le jour de la fête de la musique.
La chanteuse et son « band » se produiront sur le plateau Métro, place de la Bastille, le soir même.
Une (très) ravissante jeune fille de chez AZ m’accueille.
Elle me mène à Pascale Picard, dans le jardin. Pour le moment, elle est seule à une table. L’énergie de la jeune québécoise est communicative. Souriante, positive et un accent à couper au couteau.
Très vite, nous rentrons dans le vif du sujet.

L’album Me, Myself & Us (marrant ça, c’est tout à fait un slogan qui pourrait convenir aux blogueurs…) est sorti au Québec en avril 2007. Le public comme la critique a craqué. Près de 200.000 exemplaires vendus.
Et un méga tube au texte doux amer: Gate 22.

Pascale Picard est devenue La révélation pop anglophone de l’année dans son pays.

- Je ne peux pas m’expliquer ce succès. Peut-être que tous les gens qui ont nous ont vu dans des petits pubs québécois ont voulu nous faire plaisir en achetant le disque… en tout cas, nous sommes ravis parce qu’on va pouvoir en faire un nouveau, assurément. Notre maison de disques doit être un peu rassurée.

Les membres du « band » arrivent tous au fur et à mesure de l’interview. Il s’installe, écoute Pascale, parfois participe. On sent une vraie synergie/complicité entre eux.
C’est en 2002 que la chanteuse auteur(e) rencontre, Mathieu Cantin (guitare), Philippe Morissette (basse) et Stéphane Rancourt (percussions). Ils enregistrent une démo qui atterrit un jour dans une maison de disque, qui les signe immédiatement.
La miss Picard a alors 24 ans.

- Quand j’ai commencé à jouer dans les bras, j’avais 18 ans. J’étais vraiment timide. Je ne disais pas un mot entre les chansons. Avec mes musiciens, dont la plupart sont scéniquement beaucoup plus expérimentés que moi, j’ai appris le contact avec le public.

Aujourd’hui, à 26 printemps, elle explique le processus de création du Pascale Picard Band.

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- On compose en groupe. J’arrive avec une mélodie, ou Matthieu avec un riff, on jamme, et c’est ainsi qu’une chanson va naître. Ensuite, j’affine sa structure autour du texte.

« Pourquoi chante-t-elle en langue anglaise ? » est une question qu’elle ne cesse d’entendre.
Ça ne la dérange pas de se justifier.

- Au Québec, tout le monde chante en français, c’est donc une façon de se démarquer. Mais, ce n’est pas l’unique raison. En vrai, toute ma jeunesse, je n’écoutais que de la musique en anglais, c’est donc une question d’influence, il ne faut pas chercher plus loin. Depuis toujours, on me disait que si je ne chantais pas en français, ça ne fonctionnerait jamais. Je me disais : « tant pis si je n’ai pas de succès, c’est comme ça que je le sens, je ne peux faire autrement ». Quand on suit son instinct, on est parfois récompensé…

Ce disque a un succès si éclatant qu’il ne connaît pas d’équivalent dans l’histoire récente de la musique populaire au Québec. Pascale Picard dessine le portrait sans fard d’une fille à la fois fragile et forte. Elle raconte ce qui la blesse : l’opportunisme et la fausseté.

- La musique m’aide à prendre de la distance par rapport à certaines émotions, pour mieux les apprivoiser. Je n’ai pas composé mes chansons dans l’optique de faire un album à tout prix, mais parce que j’en ai besoin.

Si on lui demande pourquoi un titre si narcissique, Me, Myself & Us (« moi, moi-même et nous »), elle répond tranquillement :

- C’est une attitude par rapport à la vie en général : seul, on n’est rien. Et si personne n’est là pour aimer ta musique, tu n’es rien non plus.

Avec Pascale Picard, la question ne se pose plus. Le public suit en masse. Pour une fois, l’instinct grégaire, je trouve qu’il est justifié. Rallions-nous tous à son panache, la générosité de cette formidable chanteuse va conquérir le monde.
Vous pariez ?

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Me, Myself & Us
(AZ/Universal), sortie : juillet 2008



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