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Pink

novembre 27, 2009

Vous en reprendrez bien un « vers » !

Une fois de plus devient coutume ! Avec son quatrième album studio, Splendor in the Grass, le groupe de Portland (Oregon), Pink Martini, propose à l’auditeur un voyage «spatio-temporel» en puisant dans un vivier musical «old fashioned» en provenance des quatre coins du globe.

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Caractérisé par un style musical mêlant des influences disparates, le collectif composé d’une dizaine de musiciens nous offre avec Splendor in the Grass, un pique-nique dans l’herbe, ou une collation pastorale à écouter jusqu’à la lie.
Rencontre avec le pianiste et fondateur en chef du groupe, Thomas Lauderdale


Question : Splendor in the Grass est votre quatrième album en 12 ans d’existence, et votre précédent opus, Hey Eugene, est sorti il y a tout juste deux ans. Il semblerait que vous deveniez plus prolifiques, ou tout du moins plus rapides à sortir des albums… comment cela ce fait-il ? Vous êtes plus à l’aise en studio et familiers avec le processus d’enregistrement ?

Thomas Lauderdale : Oui, c’est un peu ça… avec l’expérience, ça devient juste plus facile. Par ailleurs, China (ndlr : China Forbes est la chanteuse du groupe) est tombée enceinte durant cette période, ce qui nous a forcés à nous arrêter complètement de tourner et nous a permis de nous concentrer sur ce nouvel album et de nous consacrer à 100% au travail de composition. Étonnement, le processus de création/composition s’est fait « les doigts dans le nez ».. tout est venu facilement et rapidement, et on a eu beaucoup de plaisir à enregistrer l’album… c’était très fun !


Q : C’est ce que j’ai pu lire dans d’autres interviews que tu as données… Tu reviens souvent sur le fait que l’enregistrement de cet album a été « très fun ». Cela sous-entend que l’enregistrement des précédents opus n’était « pas fun » et se faisait dans la douleur.. ?


Thomas Lauderdale :
Eh bien… non, je n’irai pas jusqu’à dire que c’était une corvée, mais c’était définitivement moins relax et facile que pour celui-ci… Disons que chaque album est différent et tous les moments d’enregistrements sont différents.. et pour X raisons, l’enregistrement de cet album est passé comme «une lettre à la poste»… presque tous les morceaux ont été mis en boîte en une seule prise.


Q : Le groupe est composé d’une dizaine de musiciens ; est-ce un élément difficile à gérer « au quotidien » ? J’imagine que ça ne doit pas être évident de « garder le contrôle » et composer avec autant de musiciens… 

Thomas Lauderdale : En effet, c’est pas simple tous les jours.. chacun de nous à son caractère, ses propres idées, et sa façon personnelle de voir les choses (musicalement parlant).. le challenge est de réussir à satisfaire un peu tout le monde et que personne ne soit frustré. Alors bien sûr, les sessions d’enregistrement peuvent parfois être très éprouvantes.. et me rendre dingue par moments ! (rires) Mais bon, je dois reconnaître que l’on a eu de la chance jusqu’à présent parce qu’aucune « prise de tête » majeure n’est jamais arrivée… croisons les doigts pour que ça continue comme ça !

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Q : Votre son mélange  de nombreuse influences (allant du rétro/classic au jazz, en passant par des musiques latines, électro/lounge), et vos paroles sont écrites en plusieurs langues (anglais, espagnol, français, italien, japonais…) ; dans quelle « section » trouve t-on votre disque dans les magasins de musique ?

Thomas Lauderdale : (rires) C’est vrai qu’on est un peu déroutants… et finalement, nos disques pourraient se trouver aussi bien au rayon indie qu’au rayon world music, jazz ou classique… ils entrent dans toutes ces catégories, mais sans pour autant appartenir à aucune d’entre elles de façon spécifique. Du coup, nos disques se trouvent généralement au rayon pop ! (rires)


Q : Je vois… et comment décris-tu le genre de musique que tu fais aux gens..  disons, aux amis de tes parents ?


Thomas Lauderdale :
En général je dis que c’est de l’ «old fashion prop» (un support old fashion) ça reste toujours assez vague.. (rires) Je dis aussi que c’est un genre de musique « globale »… ce n’est pas de la world music à proprement parler, mais c’est définitivement une musique du monde.


Q : Tu as souvent utilisé le terme  d’« archéologues de la musique” pour décrire le groupe… qu’est-ce que tu sous-entends par-là ? Est-ce parce que vos albums (et celui-ci en particulier) mixent des reprises vieux morceaux  avec des compositions originales ?


Thomas Lauderdale :
Oui, c’est ça… Je nous décris comme des «archéologues» dans le sens où notre musique a de nombreuses références aux musiques du passé et qui proviennent de différentes parties du monde… On reprends des vieux titres et on utilise des morceaux de chansons pour en créer des nouvelles.


Q : Le fait de mixer des vieilles chansons avec des éléments modernes pour en faire de la musique actuelle, ou un son « multi-générationnel », est-ce une façon de construire un pond entre deux générations qui n’ont apparemment plus tellement de liens entr
e elles ?

Thomas Lauderdale : Je pense que oui… car c’est particulièrement le cas aux Etats-Unis où il y a très peu de connexions entre les générations. Ce n’est pas comme dans certains pays où la musique traditionnelle a une place encore très importante et fait partie de l’identité nationale. Aux States, il y a une vraie coupure entre les générations. Donc je pense que mixer des reprises de vieilles tunes avec des sons actuels est un bon moyen pour réunir les jeunes et les «anciens».


Q : En parlant de reprises ; la mélodie du titre éponyme, “Splendor in the Grass”, est basée sur le morceau, “Burning Bridges”, du pianiste argentin, Lalo Schifrin, et incorpore un bout du “Piano Concerto #1″ de Tchaikovsky à la fin… en d’autres termes, vous reprenez différentes parties de vieux  morceaux, puis les refondez pour en faire de nouveaux morceaux… est-ce que vous essayez d’appliquer le concept de «recyclage» à l’univers musical ?

Thomas Lauderdale : Non, ce n’est pas le but ! D’ailleurs ce que l’on reprend est toujours imbriqué avec des compositions originales. Dans ce cas précis, je pense que c’est la combinaison de ces différents éléments qui rend le morceau intéressant. Les paroles et l’adaptation de mélodies anciennes, combinées avec des éléments des Dandy Warhol rend la composition très actuelle et en même temps très «intrigante».


Q : Qu’est ce qui est le plus compliqué/difficile dans l’élaboration de ce genre de «patchwork musical»?

Thomas Lauderdale : Eh bien, cela suppose tout d’abord une connaissance assez approfondie de la musique, et aussi l’aptitude à avoir une vision d’ensemble des différents éléments qui seront mis en relation. Il faut également trouver la bonne méthode de travail pour réussir à avoir une cohésion entre les différents musiciens.. et aussi respecter ces mélodies du passé. C’est toujours délicat de retravailler des morceaux sans les dénaturer complètement et trahir l’intention initiale du compositeur. Je suis fan de musique classique, particulièrement Tchaikovsky, et je détesterais défigurer son œuvre !


Q : Les deux titres, “And Then You’re Gone” et “But Now I’m Back” sont basés sur le morceau (pour piano/quatre mains), “Fantasy in F Minor” de Franz Schubert.. comment t’es venue l’idée de couper le morceaux pour en faire deux titres différents ?

Thomas Lauderdale : J’ai toujours particulièrement adoré cette composition de Schubert et j’en parlais souvent à mon ami Alex… je lui ai joué le morceau et on a tout de suite pensé à inclure des rythmes latinos.. c’est comme ça que ça a commencé. Ensuite nous sommes partis sur d’autres idées, toujours basées sur ce même morceau mais avec d’autres vibes… c’est pourquoi le morceau original a donné naissances à deux titres différents.


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Splendor in the Grass  (Naive); sortie : Octobre 2009


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