Sheeduz
juillet 28, 2008
Le (dé)ménage à trois !
Quatre ans après la sortie du maxi, The Barefoot Fairies, le trio féminin, Sheeduz, sort son 1er album : A Frozen Moment. D’interviews en festivals (en France, Belgique et Espagne), de concerts en plateaux télé, les Sheeduz ont mûri et nous offrent un disque rock explosif et affirmé. Simples, drôles et bourrées d’énergie, les trois nanas aiment ce qu’elles font et ça s’entend !
Question : Depuis combien de temps vous connaissez vous toutes les trois, et qu’est-ce qui vous a donné envie de faire de la musique?
Audrey (batterie) : On se connait depuis le collège avec Audrey (guitare), on a habité dans les mêmes villes. Notre 1er groupe de rock, on l’a monté quand on avait 16 ans . Avec la chanteuse, c’est plus récent. On s’est rencontrées sur paris en 2001.
Audrey (chanteuse) : J’ai répondu a une annonce qu’elles avaient postée sur internet, elles cherchaient une chanteuse alors j’y suis allée...
Audrey (guitare) : Le déclic, c’est quand j’étais ado, je regardais les groupes sur scène, j’avais envie de faire pareil. On a toutes des influences à cet âge. Des gens qui donnent envie de faire de la musique. De la musique, j’en fais depuis que je suis toute petite, mais seule… L’idée d’un groupe est venue à l’adolescence.
Q : La musique tient-elle une place importante dans vos familles respectives?
A. (batterie) : Il y a toujours plus ou moins un lien, mais on n’est pas issues de familles de musiciens….
A. (guitare) : Moi si ! Mon père fait du saxo, ma mère de l’accordéon, mon frère de la trompette.. pas de là à en faire leur métier, mais ça a toujours été important pour eux. C’est en partie grâce à eux que j’ai démarré le piano à 6 ans…
A. (chant) : Moi non ! Famille pas très musicienne, mon grand-père fait du violon mais je crois que je ne l’ai jamais entendu jouer ! J’ai plus été bercée par Mariah Carrey !
Q : Vos influences musicales ?
A. (chant) : Moi, au début, c’était plutôt No doubt et Alanis Morisette, puis Jeff Buckley, PJ Harvey..
A. (guitare) : On a beaucoup d’influences communes en fait…
Q : Pourquoi avoir choisi l’anglais, très en vogue à l’heure actuelle ?
A. (chant) : Nos influences sont en majorité anglaises et américaines. On se sent plus à l’aise en anglais.. Du coup, l’écriture est assez naturelle. En français, je n’arrive pas trop à faire sonner les mots, et puis on ne veut pas faire trop “gnangnan”…
A. (guitare) : Oui, et l’exigence d’écriture est différente. Le Français est une langue très poétique qui implique souvent beaucoup plus de mots pour exprimer les choses, et dans la musique rock, c’est beaucoup plus dur à intégrer. De plus, on est directes quand on veut faire passer un message, l’anglais s’y prête davantage. On est assez épurées, on utilise le moins de mots possible.
A. (batterie) : L’anglais s’adapte a ce côté “direct”, on ne passe pas par quatre chemins.
A. (chant) : Je pense aussi que du strict point de vue musical, c’est beaucoup plus difficile d’écrire en français. A part quand on s ‘appelle Noir Désir..
Q : Comment travaillez-vous et qui écrit ?
A. (chant) : C’est moi qui écris les paroles, comme dit Audrey (batterie), il n’y a pas vraiment de recette spéciale.
A. (batterie) : Ça vient de toute part, chacune s’occupe de son instrument, et on intervient, on suggère.. la chanson peut nous donner envie d’écrire, tout comme l’inverse.
Q : Le maxi autoproduit a été enregistré par Freddy martineau (Feist, Orishas…) comment vous l’avez rencontré ? Et quelle expérience en tirez vous toutes les trois?
A. (guitare) : La rencontre s’est faite par le biais d’un groupe de potes qui n’existe plus (Karma Sutra) issu de notre fief dans la Beauce. Eux l’ont certainement rencontré dans une teuf, je ne sais pas trop comment et quand. Il est devenu leur ingé son. Le batteur est le copain d’Audrey (batterie). Freddy, on l’ a rencontré lors d’une tournée. On lui a fait écouter les premiers enregistrements des répétitions. Il a tout de suite adoré. Il nous a proposé d’enregister, il venait de monter son studio à l’époque. Depuis, on bosse toujours ensemble et on évolue avec lui.
A. (batterie) : On lui doit presque tout.
A. (chant) : Grâce à lui, on a fait le maxi, ce qui nous a ensuite permis de démarcher. On voulait présenter un produit fini aux maisons de disques. La qualité était bien meilleure que tout ce que l’on aurait pu faire toute seules. Il nous a permis de rencontrer pas mal de monde aussi…
A. (batterie) : Il y a aussi tout le côté humain, toute sa philosophie. Il nous inculque sa perception de la musique et du milieu, ça nous aide beaucoup aussi.
A. (guitare) : D’autre part, il nous a toujours protégées du milieu commercial de la musique et nous a appris a avoir une certaine réserve par rapport aux bonnes ou mauvaises intentions des autres, du fait qu’on soit un groupe de filles. Il nous a permis par son expérience de toujours être méfiantes, mais dans le bon sens.
A. (batterie) : Il nous a aussi permis de rester nous-mêmes.
Q : L’alternance riffs puissants et voix candide avec un côté très mélodique crée un fort contraste. Est-ce volontaire ? Cela reflète-t-il votre personnalité ?
A. (batterie) : C ‘est sûr ! Le contraste est plus flagrant dans le maxi, on était débutantes, ados… On s’est laissées guider par Freddy qui a pris les choses en main au niveau du son, on était larguées. Bosser en studio, c’était nouveau pour nous et ça ne pardonne pas !
A. (guitare) : Au niveau du son de la guitare, pour le maxi, j’avais un manque de souplesse et de dextérité dans mon jeu qui m’a beaucoup limitée. J ‘étais obligée d’utiliser certains effets pour combler un peu ce manque d’assurance et de confiance que j’avais à l’époque.
A. (chant) : Il faut dire que pour le maxi, on avait que 6 mois de groupe derrière nous . Les chansons étaient encore très “jeunes”… autant que nous, en fait.
A. (guitare) : Oui, et puis elles n’avaient pas vécu sur scène non plus. La scène nous a également beaucoup aiguillées pour l’album. On a pu insérer davantage de mélodies, d’ instruments, notamment le piano acoustique, et Audrey (chant) fait quelques parties de basse.
Q : Pourquoi deux versions du titre “The Queen’s Prayer” ?
A. (chant) : La première est plus abrasive et dépouillée. Sur la deuxième, on a voulu être plus groovy, plus jazzy, et il y a deux invités dessus. Le trompétiste d’Orishas, Ludo, et Côme, le bassite d’Oxmo Puccino. On a voulu se faire plaisir.
A. (guitare) : C’est parti d’un jeu en fait. Je me suis amusée à retranscrire mes partitions de guitare sur le piano, ça sonnait bien. Le morceaux prenait une tout autre tournure. Et les émotions changeaient aussi du fait que l’on change d’instruments. Ça nous a donné envie de le faire sur d’autres morceaux d’ailleurs.
A. (chant) : Oui, et on a envie de jouer sur les prochains albums.!
Q: Quel rapport entretenez-vous avec la scène ?
A. (chant) : Un rapport très “sexuel”..
Les 3 en coeur : Oui !
A. (chant) : C’est évident que notre musique est faite pour vivre sur scène. On a plus d’expérience même, si elle est minime, sur scène qu’en studio. Malgré l’angoisse, chaque fois que je monte sur scène je me dis qu’il ne faut pas que j’arrête, ça me libère !
A. (guitare) : En plus, le rock se prête super bien à cette libération. On fait des choses que l’on ne ferait pas dans la vie. On s’exprime, on se lâche, on donne un maximum d’énergie.
A. (chant) : C’est un échange d’énergie.
A. (batterie) : Pour moi, c’est prendre la parole par la force !
Q: Comment avez-vous vécu votre concert à la Flèche d’Or (le 4 juillet dernier), sachant que c’était juste après la sortie de l’album ; une appréhension particulière ?
A. (chant) : Notre sortie officieuse, on l’a faite là il y un an, donc c’était davantage un retour au bercail!
A. (batterie) : Un moment d’exhaltation, je dirais même. En un an, on a beaucoup joué (trois concerts par mois en moyenne) et même un an après, beaucoup de monde est venu nous revoir jouer sur scène. C’était un vrai plaisir. Notre seul regret, c’est que Freddy n’était pas là….
Q : Une quatrième Audrey en vue pour la partie basse?
A. (chant) : On a fait un casting, mais elles ne nous ont pas plu…
A. (batterie) : C’était toutes des fausses ! Nan, je crois que l’on est bien toutes les trois, et qu’on restera comme ça…
A Frozen Moment (Anticraft), sortie : juillet 2008












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