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Snow

décembre 25, 2008

 Le rayonnement de Snow Patrol

La chose primordiale à comprendre au sujet de Snow Patrol, c’est que 14 ans après avoir commencé sous la forme d’un groupe d’étudiants à l’université de Dundee, ils continuent aujourd’hui à naviguer à l’instinct, de façon toujours aussi merveilleuse et imprévisible.

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Trois ans après avoir écoulé quelques 4,7 millions de copies de leur précédent opus, Eyes Open, Lightbody & co ont fait appel à Jacknife Lee pour faire un album qui les a emmenés dans une odyssée créative inattendue.. de Galway (dans l’ouest de l’Irlande), jusqu’au retour à la résidence/studio de Grouse Lodge (dans le comté de Meath), en passant par les prestigieux studios Hansa (à Berlin), là même où Bowie et de nombreuses autres sommités des années 70 ont enregistré leurs oeuvres déterminantes.
En accord avec la tradition novatrice du groupe, l’album A Hundred Million Suns est le plus ambitieux et le plus exaltant de Snow Patrol à ce jour ; selon le chanteur, Gary Lightbody ; c’est “l’album le plus abouti et audacieux […] où notre côté revêche et indé ressort au milieu de tous les aspects pop des deux derniers disques“.

Question : Pourquoi avez-vous décidé d’enregistrer la moitié de l’album dans la campagne irlandaise, et le reste au studio Hansa de Berlin?

Gary Lightbody :  Nous voulions un contraste entre l’environnement rural de Grouse Lodge, qui est vraiment au milieu de nulle-part, où nous avons été séquestrés pendant sept semaines, et la vie urbaine effrénée. C’était un changement complet de rythme. Après six semaines passées à Grouse Lodge, aussi idylliques qu’elles aient été, nous commencions à stagner. En plus, notre producteur, Jacknife Lee, avait toujours voulu travailler à Hansa, et nous connaissions l’histoire des lieux, avec Bowie et toute la clique Kraut-rock des années 1970. ça nous a donné l’occasion de faire d’une pierre plusieurs coups.

Q : Avez-vous trouvé que vous faisiez des musiques très différentes dans les deux studios que vous avez utilisés ?

G.L. :  Il y avait assurément une attitude et une énergie très différentes à Berlin. Nous avions déjà enregistré en ville. Nous avons fait Final Straw à Londres, mais comme nous connaissions tellement bien cette ville, ça n’était pas particulièrement stimulant. Alors que Berlin représentait une nouvelle aventure. C’est un endroit incroyable et ça a eu un effet galvanisant sur le disque. C’est là que la plupart des chansons ont commencé à avoir un sens pour nous.

Q : Berlin était-elle l’objet du single, “Take Back The City” ?

G.L. : Eh bien, croyez-le ou non, elle a été écrite à Grouse Lodge, et c’est une chanson inspirée par Belfast et l’Irlande du Nord en général, mais ça peut être au sujet de n’importe quelle ville et de la relation que chacun entretient avec l’endroit d’où il vient. Ça parle des raisons pour lesquelles j’ai grandi en ne comprenant pas bien mon pays et des raisons pour lesquelles je l’aime tant aujourd’hui. L’endroit d’où nous venons (et c’est parfois simplement en le repoussant) a un grand impact sur le type de personne que nous devenons.

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Q : En ce qui concerne le son, c’est un album très différent des deux derniers…

G.L. : Oui, absolument. Nous avons passé trois ou quatre semaines dans les deux studios de Hansa, Hanza Ton et Hanza Platz. ‘Platz’ est celui où tous les grands enregistrements des seventies ont été faits et ‘Ton’ est situé deux étages plus bas, c’est généralement un studio consacré à la dance et à l’electro, c’était donc l’endroit parfait pour que Jacknife laisse libre cours à son imagination. Hansa Platz a conservé beaucoup de son vieux matériel. On ressent très fortement qu’une page importante de l’histoire de la musique y a été écrite. Mais c’est aussi un endroit relaxant pour travailler, parce qu’il y a beaucoup de fenêtres, beaucoup de lumière naturelle et une super énergie.

Q : L’énorme succès de votre dernier album, Eyes Open, a-t-il eu une incidence sur la façon dont vous avez abordé A Hundred Million Suns?

G.L. : Je ne pense pas vraiment, autrement qu’en faisant partie du processus qui fait qu’en tant que groupe, nous nous sommes améliorés en ce qui concerne le travail en studio. Nous n’aimions pas du tout enregistrer. Je pense que cette dernière expérience a été notre plus heureuse. Nous avons vraiment fait le disque que nous avions l’intention de faire. Jonny, Nathan et Tom ont vraiment travaillé dur sur leurs instruments pour arriver là où nous avions besoin d’aller. Pablo est déjà un musicien très doué pour de nombreux instruments et j’ai passé plus de temps sur mes textes, je les ai revus de façon plus soigneuse que je ne le faisais auparavant, alors je pense qu’à nous tous, cette fois-ci, nous étions une formation musicale beaucoup plus forte. Jacknife s’est éclaté. Je pense qu’il va retourner là-bas avec d’autres groupes.

Q : Sentiez-vous que sur cet album vous deviez avoir un hit qui rivaliserait avec “Chasing Cars” ?

G.L. : Nous adorons cette chanson et la liberté qu’elle nous a donné, mais ce que nous avons essayé de faire, cette fois-ci, c’était d’utiliser cette liberté de façon judicieuse plutôt que de nous pointer avec une autre chanson du même genre. Ça n’aurait eu aucun intérêt de revenir sur nos pas. Ça aurait été prudent, mais nous voulions faire un album qui serait un challenge, d’un abord plus difficile, pour nous et pour l’auditeur, que tout ce que nous avions fait auparavant. Eyes Open n’aurait pas pu contenir un morceau de 16 minutes comme “The Lightning Strike”. C’était une réaction positive à “Chasing Cars”.

Q : Où avez-vous écrit les chansons de cet album?

G.L. : J’écris tout le temps. Nous avons choisi les vingt chansons que nous voulions enregistrer quand nous sommes allés à County Galway, et que nous avons habité dans une maison au bord du Lough Corrib pendant six semaines. Puis nous avons déménagé à Grouse Lodge

Q : Que pensez-vous de vos textes sur ce disque ?

G.L. : C’est la première fois qu’on est si près de la date de sortie et que je ne veux pas changer quelque chose! Je pense que ce sont les meilleurs que j’ai écrit. J’ai essayé d’aborder plus de sujets cette fois-ci. Tous les autres albums parlaient principalement de ruptures.

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Q : Le titre “Lifeboats » (Canots de sauvetage).. ?

G.L. : Griff Rhys de Super Furry Animals est un de mes héros, c’est un maître des images abstraites et pittoresques et je suppose qu’il m’a inspiré la façon dont j’ai approché “Lifeboats”. Mes chansons passées étaient très enracinées dans le réel mais sur ce disque je me suis finalement éloigné de ce style, je me suis tourné vers mes rêves et j’ai légèrement déformé les images plutôt que de m’appuyer sur des détails spécifiques. Celle-ci, c’est un rêve que j’ai fait d’un arbre qui s’étendait comme des veines dans toutes les directions, vers le haut et vers le bas, à l’intérieur et à l’extérieur, et finissait par ressembler à de la glace noire craquelée. Vu d’au-dessus, ça dessinait la forme de mon corps et de quelqu’un d’autre, ce qui était un peu effrayant. Normalement, j’oublie mes rêves, mais j’ai noté celui-là.

Q : Le titre “Please Just Take These Photos From My Hand” (S’il vous plaît, retirez-moi ces photos des mains)..?

G.L. : C’est une anomalie sur ce disque, en ce sens que ça pourrait être interprété comme une chanson de rupture, mais c’est en fait au sujet de ma vie passée et de ces gens dont on trimbale les visages avec soi, des photos dans des boîtes. C’est moi perdant le fil de mon histoire. Je me faisais du souci au sujet de ma mémoire pendant l’enregistrement de ce disque parce que je semblais la perdre rapidement.

Q : Le titre The Planets Bend Between Us (For You)” (Les planètes s’inclinent entre nous (pour toi)).. ?

G.L. : Aussi prosaïque que ça puisse paraître, cette chanson parle de ma maison en Irlande du Nord situé dans la Belfast Lough (l’anse de Belfast) à côté d’une petite plage. Il y a quelque chose d’incomparable à se trouver sur une plage en hiver, il n’y a personne d’autre, le vent souffle en tempête, il pleut en biais, et il y a quelque chose de rédempteur à crier dans le vent. Le vers de cette chanson ‘ a hundred millions suns’ (une centaine de millions de soleils) devait tout simplement d’être le titre de l’album. Il capture l’immensité de l’univers et notre position de minuscules points au milieu. Et ça exprime le gros son du disque et le ramène à ses véritables proportions.

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A Hundred Million Suns
(AZ), sortie : janvier 2009

 



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