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Taïro

mars 9, 2009

Chanteur sur la bonne roots !

Déjà des années que Taïro s’est fait un nom sur la scène ragga-dancehall. Avec son premier album solo, Chœurs Et Âmes, entre soul et reggae, il n’est pas interdit de penser qu’il se fasse un nom également dans la chanson. Le contraire serait étonnant.

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Question : A 31 ans, vous sortez un album solo, mais vous faites de la musique depuis l’âge de 16 ans. Vous n’êtes pas franchement un débutant !

Taïro : En effet. J’ai commencé à faire de la musique quand j’étais adolescent. Avec des amis, nous répétions dans des caves. Au fur et à mesure, on a commencé à faire des soundsystems et c’est là que je me suis fait repérer par quelqu’un qui voulait devenir mon manager. Ma musique s’est retrouvée entre les mains d’Akhenaton, alors qu’il organisait la bande originale de Taxi 2.

Q : Tiens, encore un lien avec le cinéma !

Taïro : Vous faites référence, je présume, à mon premier rôle au cinéma lorsque j’avais 13 ans. Sous mon vrai nom, Ismaël Jolé-Ménébhi, j’ai joué le premier rôle du film de Jacques Doillon, Le jeune Werther. C’est à cette période-là que j’allais dans les concerts écouter les toasters. Ils scandaient leurs textes aux sons des décibels crachés par leur soundsystem. J’ai su que c’était dans cette direction qu’il fallait que je dirige ma vie. J’ai créé un groupe baptisé Youthmen Ten, et j’en ai profité pour changer de nom. Je suis devenu Taïro. Tyro en anglais, ça veut dire « novice » ou « débutant ».

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Q : Pourquoi vous sentez-vous proche de la musique reggae ?

Taïro : Mélodiquement, rythmiquement, ça me parle, ça me touche. Je suis d’une éducation assez militante. Mon père, en 1968, était président de l’UNEM (Union Nationale des Etudiants Marocains). Il a fait de la prison au Maroc et il a été 17 ans en exil en France. Il m’a beaucoup emmené avec lui dans des manifestations. A travers l’œuvre de Bob Marley, j’ai eu l’impression de retrouver le discours de mon père. J’ai un besoin perpétuel de crier mon indignation et d’exprimer mes convictions.

Q : Votre premier album solo est pourtant plus romantique que revendicatif…

Taïro : Aujourd’hui, j’ai plus envie de partager mes convictions, d’évoquer ma vie quotidienne et des choses de l’ordre des sentiments et de l’amour. Si je fais un peu l’apologie de l’amour, c’est dans l’espoir que cela puisse servir aux gens pour qu’ils croient à leur propre histoire d’amour…

Q : On ne compte plus le nombre de featurings que vous avez réalisé pour d’autres artistes. Cet album très personnel, c’est le début de la gloire ?

Taïro : Vous savez, je préfère nourrir de petites ambitions et avoir de belles surprises plutôt que le contraire. L’aspect commercial m’intéresse moins que l’aspect humain.

Q : L’ado Ismaël est-il fier du trentenaire Taïro ?

Taïro : L’adolescent révolté que j’étais s’est assagi avec le temps. Je ne ferai plus d’erreur et j’aimerai désormais en conscience, sans demi-mesure. Ismaël et Taïro ne font plus qu’un aujourd’hui. Celui que je suis devenu a choisi d’ouvrir son cœur aux gens pour toucher leur âme.

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Chœurs et âmes (UP Music/Warner Music) ; sortie : janvier 2009



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