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novembre 27, 2008

Les nouvelles stars

Petite forme à Pigalle. Les huit belges les plus déjantées des ondes reviennent de l’émission radio de Cauet…  Plus ou moins vautrées dans les canapés du Chao Ba,  Jill, Agathe, Célia, Monia, Nadia, Ingrid , Muriel et Géraldine, moyenne d’âge, 36 ans, attendent leur tour pour une journée interview marathon.

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Petites protégées de Philippe Katerine, ces Buxelloises plus ou moins majorettes ont notamment participé à l’Eurovision 2007.  Promo oblige, entre émissions audiovisuelles et showcase, les trois Vedettes que je rencontre se plient à l’exercice de l’interview. Sur un petit nuage, elles racontent l’aventure sans prise de tête.  Authentiques !

Question : Comment s’est formé Les Vedettes ? Y a t-il eu un casting ?

Célia : Jill et Agathe ont appelé des amies à elles, des filles avec qui elles avaient envie de travailler ou des connaissances assez lointaines, des filles qu’elles avaient vu jouer au théâtre, comme Ingrid.

Q : Que faisiez vous avant ?

Célia : On est pour la plupart des comédiennes.
Nadia : Moi je suis plasticienne et Géraldine est styliste
Célia : Au départ on était 15, et puis le spectacle de rue a évolué, l’aventure a progressé à 8 pour le groupe des Vedettes chanteuses. Parallèlement, on continue le spectacle de rue à 12, ça va faire 3 ans.

Q : Pourquoi un spectacle de majorette et pas du théâtre de rue?

Célia : C’était vraiment un désir de Jill et Agathe. Au départ c’était un spectacle de 10 minutes, plus proche de la performance . Quand elles ont évoqué le spectacle de majorettes, on a toutes dit oui. C’était un rêve de gosse pour certaines.
Nadia : Les majorettes ont fait partie de mon enfance. C’est une tradition qui se perd en Belgique, désormais ça se passe plus dans les petits villages.

Q : Racontez moi la rencontre avec Philippe Katerine ?

Célia :  Jill et Agathe connaissaient les musiciens de Philippe, les anciens Little Rabbits , avec qui elles avaient eu l’occasion de travailler sept ans auparavant à Bruxelles. On est allées jouer le spectacle des Plus ou moins Majorettes  à Rennes. Eric, le batteur de Philippe et des Little Rabbits est venu voir le spectacle. Il a trouvé ça super. Et nous a demandé de venir le voir en Belgique. C’est la première fois qu on a rencontré Philippe. A son concert à Bruxelles. Moi je ne le  connaissait absolument pas. Mais au moment ou on faisait le spectacle, il sortait un album et était en tournée. Ils sont tous revenus quelques mois plus tard au Cirque Royal.  On comptait aller voir leur concert. On a appelé pour savoir si on pouvait avoir des places. Ils nous ont dit : « Tant qu’à faire venez faire un truc sur scène ». C’était spontané mais on l’a travaillé ! On a préparé une petite chorégraphie rapide pour “Louxor” qu’on a faite sur scène. Ça a marché du tonnerre. Notre univers et le sien réunis, c’était comme si on avait bossé ensemble depuis des années.

Q : Et le Disque 1 des Vedettes ?

Monia : Tout s’est emballé super vite à partir du moment où on a fait la chorégraphie de “Louxor” au Cirque Royal. Quinze jours après, on faisait l’Olympia  avec lui, et puis on s’est retrouvées à faire la première partie de son spectacle en majorettes. Après il y a eu le projet de l’Eurovision , et on l’a accompagné sur sa tournée. C’est là qu’on s’est rencontrés et vraiment découverts.
Célia : C’est Philippe qui a écrit tout l’album.  Mais les chansons viennent de nos discussions, de choses et d’autres qu’on a pu se dire dans la camionnette ou ailleurs, des citations telles quelles. On découvrait les chansons, on étaient mortes de rire. Une souris qui nous avait observées. On y retrouve des choses assez personnelles. Philippe a bien su nous cerner et retranscrire nos délires entre filles sans dénaturer ce qu’on était. Un groupe de nanas, tu imagines bien que ça parle beaucoup, chacune y va de sa petite anecdote.. L’album nous ressemble beaucoup dans notre humour parfois noir, parfois gras. Mais toujours sincère. Léger et en même temps rentre dedans. Et dans notre énergie. Il est assez « popisé » par rapport à ce qu’on peut faire en concert, générallement beaucoup plus rock.

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Q : Gonzales et Renaud Létang ont travaillé sur votre album, quel rôle ont-ils joué ?

Célia : Nous, on ne les a jamais rencontrés. Agathe et Jill oui. Ils ont écouté les maquettes, ça les a emballés. Nous, on a enregistré en studio à Bruxelles, avec Philippe Katerine, il  nous guidait sur la matière de base. Eux ont ensuite retravaillé le disque, les arrangements.

Q : Vous savez que tout le monde se les arrache ?

Monia : Au départ, non !  Quand j’ai dit à des amis que l’on travaillait avec Létang et Gonzales, ils disaient : « mais c’est la Rolls des Rolls, la crème des crèmes ».
Célia : On ne se rend pas bien compte de la chance qu’on a eu de travailler avec eux, d’être aussi bien entourées parce qu’on a pas de passif par rapport à tout ça. C’est comme  pour les Transmusicales de Rennes. On ne savait pas du tout ce que c’était, ni le monde qu’il pouvait y avoir.

Q : Comment avez vous vécu vos premières scènes et pas des moindres (Zénith, Olympia….) , impressionnées , stressées, excitées  ?

Célia : Un peu tout ça à la fois…Les Vieille Charrues, Les Francofolies aussi … c’est tellement …gros… Aux Transmusicales on nous disait, « David Bowie a joué là » c’était juste pas possible ! J’ai pris un pied monstrueux. C’est en sortant et en voyant les images que j’ai eu cet espèce de trac rétroactif !
Nadia : Tu n’as pas trop le temps d’y penser mais quand tu te retrouves là, tu te dis, “ah oui quand même…”
Célia : Les concerts sont un peu comme des cadeaux qui nous sont arrivés comme ça! Tellement bons, incroyables !
Monia : Surtout passer après les Rita Mitsouko …
Célia : C’est quoi ce qu’on est en train de vivre ?
Nadia : Pour l’Olympia, je me rappelle que l’on étaient dans la camionnette et qu’on hurlait “L’OLYMPIA ! L’OLYMPIA !”. Une fois devant c’était plutôt… Olympia… !
Célia : L’Olympia on a eu très peur. Qu’est ce qu’on foutait là ? Je me sentais pas trop à ma place, dans les coulisses, en majorette pour un spectacle de rock !
Monia : On s’est dit, peut-être que les gens vont siffler, détester… C’était notre plus grosse flippe. On ne savait pas à ce moment-là que nos univers étaient si proches et qu’un spectacle de majorettes serait susceptible de faire marrer le public de Katerine.
Nadia : Par ailleurs, le spectacle de rue c’est un truc de proximité. On ne savait pas du tout si  ça fonctionnerait sur une grande scène avec le public qui nous voit de loin.

Q : Apparemment ça a fonctionné ?

Toutes les 3:  OUI ! Les gens nous rappelaient mais on avait rien préparé ! Ça a bien mis l’ambiance.
Monia : En fait, on vit un peu cette aventure comme un conte de fées. Rien n’est jamais prévu. Les choses qui nous arrivent, on ne s’y attendait absolument pas : faire un disque par exemple, c’était pas du tout quelque-chose qu’on avait envisagé.

Q : Si vous deviez évoquer le meilleur souvenir de la tournée avec Katerine, ça serait quoi, les trajets en bus ?

Célia : NON ! tout le monde fume sauf moi c’est horrible ! Ce qui reste inoubliable, c’est les débuts de concert . On démarrait a capella avec les bras en croix, la batterie arrivait et les gens … h u r l a i e n t !
Nadia : Au théâtre, on peut aussi avoir des sensations très fortes mais là, c’est multiplié par 100 000 !
Célia : C’est une énergie incroyable. Je comprends mieux les rock-stars qui veulent tout le temps être sur scène, c’est tellement violent quand ça marche….
Monia : quand ça marche, oui…
Célia : A mon avis, quand ça marche pas, ça doit être violent aussi !

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Q : D’où viennent vos costumes ?

Célia : C’est une styliste qui s’en occupe. Ceux qu’on a actuellement sont inspirés d’une robe de majorette que j’ai trouvé aux puces. Les étoiles sur les seins, elles, étaient là dès le début. Pour notre concert, on avait aussi une tenue inspirée des Claudettes à qui on nous compara beaucoup d’ailleurs.

Q : …Et vos chorégraphies ?

Célia :  C’est collectif, archi collectif ! On met parfois du temps à s’accorder. Sur le clip de “Joey Starr”, on a eu un chorégraphe.
Nadia : On est pas des vraies danseuses non plus..
Célia : On est toujours plus ou moins (majorettes, chanteuses, danseuses…)

Q : La chanson “Papa Est Mort”  a-t-elle posé problème ?

Monia : Oui, au moment de l’Eurovision, ils nous ont demandé de changer le titre et de l’appeler Vive Papa, ça dérangeait un peu la direction qui trouvait ça trop violent…

Q : Racontez moi cette aventure Eurovision ?

Célia : On a même pas eu le temps de réfléchir (comme d’habitude). L’anecdote là-dessus, c’est que le manager de Philippe qui travaille pour la maison de disques Wagram, a demandé à Jill et Agathe de participer à l’Eurovision . Ce qu’elles comprennent pas, c’est que Philippe écrivait une chanson pour nous. On a jamais pensé qu’on allait chanter, mais juste l’accompagner avec une chorégraphie. Entre le moment où on apprend ça et le moment où on enregistre cette chanson en studio, on avait jamais fait ça de notre vie. En une semaine, on s’est retrouvées dans un studio.
Monia : On a jamais eu le temps de réfléchir à ce qui nous arrivait.
Célia : C’est beaucoup mieux ! Pas le temps de se poser de questions.

Q : Vous devez y venir plus souvent à Paris en ce moment ?

Célia : Oui pas mal, toujours en camionnette d’ailleurs. Nadia est notre chauffeur attitrée avec le GPS qui arrête pas de dire « faites demi-tour ». Vivement qu’on soient très riches et qu’on viennent en thalys.
Nadia : Ou en jet !
Monia : On rigole bien, mais c’est un peu long quand même !
Nadia : On a des super souvenirs aussi parce que comme c’est long, on pète toutes un plomb au moins une fois… on règle nos comptes .
Célia : On lit les horoscopes et Voici …

Q : Après l’album N°1, quel est votre défi  ?

Célia : Gagner notre vie !! On a parié que cette chose-là allait marcher, mais c’est pas gagné du tout. Ça va peut-être insupporter tout le monde … En tout cas, il y a un Disque N°2 de prévu.

Q : Et qui d’entre vous a fait un rêve érotique avec Joey Starr ??

Célia : C’est Jill, la petite blonde toute mimi que tu vois là-bas !

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Disque 1 (Cinq7), sortie : novembre 2008

Lisez la chronique du disque en cliquant ici.



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