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Florent

octobre 27, 2007

Lazare fait bien les choses !

- Allo ! Florent, on peut reporter ? Non, parce que, là, y a les grèves et j’ai peur d’être bloqué dans les embouteillages…

C’était le jeudi 18 octobre dernier, nous tentions, avec l’un des trois membres fondateurs de La Rue Kétanou, de caler un rendez-vous pour une interview…

- Bon, vendredi, je ne peux pas, je garde ma fille…
- OK ! De toute façon, je suis certain que la grève ne sera pas terminée alors, on se fait ça lundi.
- D’accord François ! À 11h aux Folies à Belleville, ça te va ?
- Super ! J’ai habité dans le coin pendant 2 ans, je connais bien.

florent-vintrigner.jpg


Le 22 octobre, donc, j’écoute la radio le matin et j’entends qu’il y a 323 kms de bouchon sur le périphérique parisien à cause de la grève qui perdure… Sachant qu’il ne fait que 35, 04 km, je ne comprends pas bien cette information que je réentends toutes les heures… bref, ça n’augure pas un parcours Val d’Oise-Paris, de tout repos.
Je pars à 9h30 et, en fait, constate qu’il n’y a pas plus de circulation que d’habitude… J’arrive donc à 10h30 dans ce quartier multi culturel que j’aime beaucoup. Un flic m’empêche de tourner Rue Lesage…
Kézako ? Tiens ! Un tournage de film.
Je me gare à proximité, et vil curieux que je suis, me dirige vers l’équipe en pleine action. Voyant Véronique Genest, je devine qu’il s’agit là du tournage d’une scène de Julie Lescaut. Je demande à une jeune fille, maquilleuse de son état, si j’ai raison. Elle me regarde, genre, « c’est qui se badaud lourdingue qui pose de sottes questions ? ».

- Ben oui, qu’elle me répond. Vous ne reconnaissez pas Véro ?
- Non, connasse, je ne reconnais pas Véro.

N’ai-je pas répondu, parce que je suis un type poli et que j’ai reconnu Véro.
Après 15 minutes d’observation, je file rejoindre Florent Vintrigner que je compte interroger sur sa nouvelle vie au sein de son groupe perso. Leur premier disque est sorti en avril dernier et il est sur la route pour de nombreux concerts depuis plusieurs mois.
Il arrive à l’heure pile. On prend des cafés et après quelques minutes de conversation sur le temps quasi polaire, les grèves, la taille du périphérique et autres banalités, j’enclenche mon magnéto.
Il m’explique que La Rue Kétanou continue malgré la création de son deuxième groupe.

- Ce sont deux projets à part entière. Là, je prends plus de temps avec T’inquiètes Lazare parce qu’il faut le lancer. L’idée est de passer ensuite tranquillement de l’un à l’autre. Ce n’est pas la fin de La Rue Kétanou parce qu’on sort un nouveau disque en septembre prochain…

Je lui lis ma revue de presse sur lui… ça donne ça, par exemple:
« Il se sert de la force de son verbe pour tenter de réveiller un monde à l’agonie », « son disque est un bon complément à La Rue Kétanou , on peut hésiter entre les deux selon l’humeur et le moment, car lui est plus profond que festif… », « ses chansons sont des poèmes vagabonds et bohémiens, portés par une voix reconnaissable entre 1000, rocailleuse, vive et déchirante », « les chansons de Florent Vintrigner parlent de chansons, de vague à l’âme, tout en accord mineur, mais sans tristesse. Une nostalgie mêlée d’espoirs et paysages abrupts… un voyage au cœur de soi… », j’en passe et des meilleurs.

- Que veux-tu que je te dise. Je ne vais pas commenter les éloges de tes confrères. C’est très gênant. Juste, je peux dire que je suis content et rassuré. Je trouve simplement dommage que les radios ne suivent pas. Une chanson comme Je rentre me coucher devrait pouvoir être diffusé…

Et nous devisons donc un long moment de l’injustice d’être méprisé par les médias audio-visuels. Dans les artistes de sa génération et de son style musical, il n’y a que Tryo qui a les honneurs d’NRJ, par exemple. Mais quid des Ogres de Barbacks, Loïc Lantoine, Debout Sur Le Zinc et autre Mon Côté Punk ?
Florent Vintrigner n’est pas un débutant. Il n’est dupe de rien. Avec La Rue Kétanou qui est l’un des groupes majeurs de la scène alternative française, il a fait le tour du monde, rempli l’Olympia et bon nombre de salles européennes. Il sait que la bataille sera rude pour imposer T’inquiètes Lazare mais il s’en moque. La musique, c’est sa vie, son combat. Si la lutte doit continuer pour faire connaître son œuvre, il arpentera encore longtemps les scènes avec ses chansons missiles.
Pour parler d’amour, de l’envie de faire l’amour, d’une femme aimée (mais sans papiers), de potes qu’il faut ramener au bercail, des intellos, d’introspection, du vent de mer, de la beauté physique (qui est sans issue ?)… et de la vie, du monde qui nous entoure… bref, des chansons universelles belles à pleurer.
Le Florent Vintrigner, il ne ménage pas ses peines. Avec ses deux acolytes (Jean-Louis Cianci et Sébastien Benett), son sac de larmes, il nous l’envoie à la gueule, comme ça, l’air de rien, sur des musiques festives, du blues, des airs de western, un peu manouche, un peu grec, un peu folk, un peu jazz.
Peut-être puis-je affirmer que T’inquiètes Lazare est un album de variété. Mais non, puisque ce terme est à présent péjoratif… mais quand même, elle est là, la splendide variété.
Allez, zou ! Embarquement immédiat ..
Et bon voyage !

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T’inquiète Lazare ; sortie : Avril 2007



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