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Daniel Fernandez

février 17, 2008

Attention Tanger !

J’ai rencontré Daniel Fernandez le mercredi 30 janvier dernier.
Au Chao Ba.
Le Dijonnais passait en coup de vent dans la capitale, il a pris un moment pour que l’on se rencontre.
Je le vois assis dehors (pour raison nicotinienne) en compagnie de l’un de ses deux acolytes de disque et de scène Olivier Guerbeur (qui est aussi son producteur).
Nous entamons la conversation là, mais au bout d’un quart d’heure, me voyant carrément vibrer, ils me proposent de rentrer au chaud. Dès que j’ai très froid, je vibre… une tremblote impressionnante.
(Quoi? On dit grelotter ! Moi, je vibre. Point barre.)

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Daniel Fernandez
est né en 1970. Il me raconte avoir grandi dans une cité, non loin de Dijon.

- Je suis né de parents espagnols. On se débrouillait comme on pouvait pour vivre le mieux possible. Mon père et ma mère ne parlaient pas bien le français… il a fallu que je me débrouille tout seul pour m’intégrer. Comme je venais d’ailleurs, je me retrouvais qu’avec des enfants dans la même situation que moi. Alors, plus tard, quand je me suis retrouvé à faire de la musique, inutile de préciser que je n’avais pas la culture rock ou chanson française qu’avaient les autres jeunes.

Très vite, en effet, Daniel Fernandez a joué dans des groupes… il en a aussi créé bon nombre.

- Évidemment, avec mes origines, je ne pouvais qu’aller vers de la musique métissée. Je ne conçois la musique qu’ainsi. La mixité.

Il sort un premier album en 2003, Son De Peau. Une bonne carte de visite qui permet à Daniel Fernandez de se faire repérer. Les radios du groupe Radio France commence à le diffuser régulièrement.
Il fait alors beaucoup de scènes, beaucoup de festivals… en France et aussi au Maroc. Il assure la soirée de clôture des « Nuits de la Méditerranée » à Tanger.
Il reviendra en 2005 grâce à l’institut français du Nord. Avec Olivier Guerbeur, ils partent s’exiler 6 semaines dans cette ville marocaine, où ils travaillent avec des musiciens arabo-andalous du conservatoire de Tanger. Le fruit de cette collaboration aboutira à une création musicale originale, fondée sur l’échange culturel…
Le nouvel album de Daniel Fernandez, Selon, est un disque rare. « Une mer de sable, un univers coloré, un ailleurs de chaleur qui traite de l’origine, qu’on soit d’ici ou de là-bas, selon les jets du hasard… » tel qu’il est écrit.
Quand on écoute cet album, on voyage.
En fermant les yeux, on voit des paysages andalous, des plaines africaines et la pampa sud-américaine. On entend au loin, puis plus près, des chants africains en wolof et toutes sortes de rythmes diablement envoûtantes. Guitares, percussions, accordéon, tama, cajon… Dépaysement total.

- Cet album a été pensé à Tanger, cette ville réellement magique. Il y a une mixité culturelle foisonnante. Les Espagnols, les Africains, les Arabes sont mélangés. Je ne pouvais trouver mieux pour créer mes nouvelles chansons.

L’écriture du sieur Fernandez est à la fois poétique et limpide. Il s’étonne qu’on lui affirme qu’il a un style.

- J’ai carrément des complexes au niveau de la langue française. J’ai arrêté l’école à l’âge de 15 ans. Je suis incapable d’écrire une lettre « officielle ». J’ai mis beaucoup de temps à me considérer comme auteur…

J’aime cet artiste. Il est pétri de talents, il n’en a pas encore conscience et il est gêné par sa médiatisation naissante.

- Déjà, de voir mon nom sur une affiche, je le vis moyennement. Je me moque d’être mis en avant. Ce n’est pas ce que je recherche. Je veux juste faire mon métier dans de bonnes conditions et pouvoir continuer à créer sans inquiétudes matérielles.

Sont réunis encore une fois ses habituels complices, Olivier Guerbeur et Christian Léchenet, mais aussi des guests, parmi lesquels, Yves Jamait qui chante en duo le saisissant “Vida Mia Sin Ti”, Jean Fauque pour l’écriture de la chanson “Mama” (loin d’être la meilleure du disque) et Juan Carmona, l’un des guitaristes les plus créatifs de la nouvelle génération flamenca pour “Blanco y Negro”.
J’allais oublier. Daniel Fernandez est en plus un vrai gentil, humble, généreux et humain.
C’est tout ?
Oui.

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