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Olivia Ruiz

mars 23, 2009

La flamme fatale…

Contrairement au titre de son troisième album, Olivia Ruiz n’est pas une météore. Une étoile brillante, mais pas filante. Miss Météores est une véritable féria, « entre fiesta et féerie ». Une ambiance baroque’n’roll déjanté, mystérieuse, dansante et sensuelle. Du Ruiz dans toute sa splendeur !

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J’ai rencontré la belle dans un bureau de sa maison de disques, Polydor. Ce n’était pas la première fois. Et je ne m’en lasse pas.

Toujours sympathique, souriante et pas du tout atteinte par le « star système ». Elle tutoie d’emblée. Je suis le mouvement. Comme d’habitude.

Un croissant ? me demande-t-elle.

Non, merci, je suis au régime. sée.

- Oui, et ça fait 5 ans que ça dure ! Mais, je n’y arrive pas.

- D’habitude, ce sont les filles qui font ce genre de commentaires…

… sans commentaire …


Question : Tu as vécu une véritable période surchargée en travail, en concerts, en émotion avec le succès considérable de La Femme Chocolat. Aujourd’hui, c’est bien de passer à autre chose ?

Olivia Ruiz : Très franchement, oui. Le fait de créer de nouvelles chansons, c’est un truc qui est hyper bon, physiquement parlant. Ce nouvel album va m’insuffler une nouvelle énergie. C’est vrai qu’à la fin de la précédente tournée de 200 concerts, je n’en pouvais plus, j’étais très fatiguée. Là, je suis ravie d’avoir un nouveau challenge à relever.

Q : Tu as écrit tes chansons lors de la tournée, justement. Besoin d’action pour créer ?
 


Olivia Ruiz :
En tournée, je suis assez insomniaque donc, souvent, à mes heures perdues, je jette une phrase. C’est aussi une bonne façon pour moi de m’enlever la pression. Je ne voulais pas me dire à la fin de ma tournée : « Tiens, il est temps d’écrire le disque suivant ! ». Si je procédais ainsi, je n’écrirais jamais rien, je serais terrorisée. De toute façon, plus je suis active, plus je suis inspirée parce que je vis des choses. Les périodes de grosses activités me vont bien…


Q : Il y a une chanson cachée dans l’album. Six mètres est signée Allain Leprest et tu l’interprètes avec Christian Olivier (tête pensante des Têtes Raides). Elle résume parfaitement ton état d’esprit récent. Le doute, l’angoisse du gagnant.
 

Olivia Ruiz : Bizarrement, pendant et après le succès de La Femme Chocolat, j’étais encore plus pleine de doutes, alors qu’il ne se passait que de belles choses pour moi. Après la tournée, j’ai sorti l’album en espagnol, La Chica Chocolate, puis je suis allée faire de la promo en Espagne, ensuite, j’ai écrit des chansons pour Juliette Gréco. Pour finir, je me suis rendue au Burkina-Fasso produire un album de rappeur à but humanitaire. J’étais contente de faire tout ça, mais j’ai présumé de mes forces.

Q : Qu’as-tu fait pour te ressourcer ? 

Olivia Ruiz : Je suis rentrée dans une boulimie de littérature et de musique des autres. Tout mon être demandait à être nourri à nouveau. Dans les derniers bouquins que j’ai lu, il y a un ouvrage sur la psycho généalogie Aie, mes aïeux !  d’Anne Ancelin-Schutzenberger, sinon, j’ai relu quelques Jules Verne, des contes et légendes de ma région et encore L’ombre du vent, superbe roman de Carlos Ruiz Zafon. J’ai besoin, en tant que lectrice ou en tant qu’auditrice de musique, que les œuvres m’offrent un vrai voyage et une déconnexion avec la gamberge. Si j’arrivais à générer ça chez les gens qui viennent me voir en concert ou qui écoute mon disque, je ne souhaite pas plus.

Q : Ton album est une véritable auberge espagnole, presque au sens propre du terme, d’ailleurs.
 


Olivia Ruiz :
Je suis arrivée en studio en sachant exactement ce que je souhaitais. Des guitares du far-west, des instruments nomades, des ambiances à la Tom Waits, Ennio Morricone ou encore Lee Hazelwood, des pluies de cordes et des chansons en trois langues… espagnole, anglaise et française.

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Q : Tes nouvelles chansons sont très humaines, complexes, plus profondes qu’on pourrait le penser en écoutant d’une oreille inattentive…

Olivia Ruiz : C’est la deuxième fois que Mathias Malzieu (Dionysos) et Alain Cluzeau, qui me connaissent parfaitement, réalisent mon album. Je me sens bien avec eux, alors je peux me dévoiler. Je n’ai pas peur de chanter le doute, le cœur qui saigne, le ventre qui se noue… et puis aussi, j’ai grandi.

Q : Parlons des « guests » qui t’accompagnent dans cet album. Le rappeur canadien Buck 65, les Noisettes ou bien encore les excellents Lonely Drifter Karen…

Olivia Ruiz : Je les aime beaucoup. Je n’aime pas l’idée de faire un disque pour moi, j’avais envie de partager un truc, c’était aussi le moment d’inviter des gens que j’avais envie de soutenir. Il y a aussi mon père et mon frère dans l’album, soit dit en passant. C’est un luxe de pouvoir travailler avec ses familles de sang et de son. Mais n’oublions pas que tous ces artistes m’offrent un peu de leur talent. Ce sont eux qui me rendent service…

Q : Les textes pour l’album de Juliette Gréco, là, c’est toi qui offre ton talent.

Olivia Ruiz : Et c’est un honneur incommensurable, je t’assure. C’est une icône. Elle représente la liberté. La liberté dans ce qu’il y a de plus profond et dans ce qu’il y a de plus anecdotique. La coquinerie, l’insolence, la grande gueule et l’élégance.

Q : C’est toi qui as remis cette année le prix de l’Artiste interprète masculin à Alain Bashung lors des dernières Victoires de la Musique. Un moment très émouvant. Comment as-vous réagi à l’annonce de sa mort ?

Olivia Ruiz : J’étais en famille. Ca a été assez violent et d’une extrême dureté. Un vrai choc. Tu te rends compte, on n’attendra pas le dernier Bashung ! C’est une perte énorme pour la chanson française.

Q : Tous les médias et tous les journalistes semblent t’aimer. Jamais je n’ai lu une charge contre toi ou contre ton répertoire… C’est assez exceptionnel de faire l’unanimité.

Olivia Ruiz : J’ai eu beaucoup de chance jusqu’à présent, je l’avoue humblement. Je n’ai jamais la critique dans ce que cela a de violent et de douloureux. Ou alors ma mémoire sélective les a oubliées. Dans l’ensemble, je suis une artiste gâtée mais en perpétuelle doute…


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Miss Météores (Polydor/Universal), sortie : avril 2009

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