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Hawksley Workman

février 8, 2006

Calme et volupté

A l’heure où la pop apprêtée et le rock sur-joué monopolisent l’attention des médias et les faveurs des maisons de disques, Hawksley Workman prend le contre-pied des tendances actuelles avec un nouvel album dépouillé à l’excès. Treeful Of Starling est une petite leçon de simplicité en neuf titres.

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Décidemment, Workman n’a pas bientôt fini de nous surprendre ! Cela fait même déjà quelques années que ce jeune songwriter canadien s’amuse à nous mener pas le bout de l’oreille sur les chemins tortueux de son univers torturé.
Tour à tour mélancolique, comique, romantique ou sarcastique, Workman le lunatique, a bel et bien le chic pour nous balader, d’un album à l’autre, aux grés de ses humeurs du moment.

« Je parle de ce que je connais, de ce que je vis et ressens, donc fatalement, mes albums parlent de moi et mes états d’âmes, d’une manière ou d’une autre » reconnais t-il volontiers.

Or, si son précédent opus, Lover/ Fighter, fut un précis de pop rock lumineux et méthodiquement calibré (voire légèrement formaté), sa dernière livraison en date,Treeful Of Starling, opère, quant à elle, un virage à 180° pour revenir aux ambiances folk et compositions épurées de ses premiers opus.

« Après le succès du précédent album, j’ai traversé une période vraiment difficile” explique Hawksley. “Entre autres, je me suis rendu compte qu’à force de faire la fête, je commençais à avoir un sérieux problème avec l’alcool. Donc, à partir de là, tu as deux options ; soit tu continues à t’enfoncer jusqu’à devenir une épave, soit tu réagis et luttes pour remonter à la surface, poursuit-il avec lucidité. J’ai choisi la deuxième option. Donc, j’ai loué une maison au fin fond du désert californien et m’y suis terré pendant trois mois, sans voir personne ni boire une goutte d’alcool, et en me forçant à écrire tous les jours, même lorsque je n’avais pas d’inspiration. C’est comme cela que j’ai probablement écris mes meilleures chansons, et aussi mes plus mauvaises !» confie t-il en riant.

Un piano, une guitare, des mélodies finement ciselées ourlées d’arrangements délicats, des textes introspectifs bouleversants de sincérité et des vocalises douloureusement poignantes ; Treeful Of Starling est un panégyrique à la gloire des choses simples et des vérités essentielles.

« Cet opus est un véritable retour aux sources, une sorte de cure de désintoxication à tous les niveaux, affirme Hawksley. Je l’ai enregistré tout seul sur un 8 pistes de location, et m’y livre le plus humblement possible, sans froufrous acoustiques ni salamalecs. Donc, forcément, il n’est pas exactement des plus joyeux et optimistes. Mais, dans le fond, c’est sûrement l’album qui me ressemble le plus…» ajoute t-il, les yeux dans le vague.

Entre perles folk et ballades éthérées, Treeful Of Starling est avant tout la preuve que lorsqu’elle est sincère, la voix humaine est aussi belle qu’un chant d’oiseau.

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Treeful Of Starling (Capitol), sortie : février 2006

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