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Just Jack

février 2, 2007

Schizophrène à temps complet

Certains artistes ont le don de provoquer d’horribles maux de tête et de terribles reflux gastriques aux maniaques du classement par genre musical précis. Autant dire qu’avec Jack Allsopp (mais appelez-le Just Jack), les journalistes de la presse spécialisée n’ont pas fini de se mettre la rate en cour bouillon.

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Car, voyez-vous, cet ancien DJ et breakdancer repenti est un caméléon ayant l’art et la manière de se fondre dans tous les genres avec la même aisance nonchalante. Le jeune natif de Camden s’affranchit aujourd’hui de Overtones, un premier opus aux reflets de ces influences, éclectiques à souhait.

Q : Ta bio stipule qu’à la base tu es DJ et… breakdancer ?! C’est vrai ce mensonge ?

Just Jack : (rires) En effet, j’ai commencé par être DJ, et continue à l’être occasionnellement. J’animais des soirées underground et j’organisais aussi mes propres ‘parties’. En ce qui concerne le breakdancing, (rires) c’est vrai que je m’y suis adonné pendant un certain temps avec plus ou moins d’assiduité. Au début je me trouvais même assez bon, mais j’ai fini par réaliser que tout compte fait je n’étais pas aussi doué que je me l’imaginais. (rires) Du coup, j’ai laissé tomber pour me consacrer uniquement à la musique. Cela dit, le breakdance aura été une étape fondamentale dans mon cheminement artistique puisque c’est grâce à lui que je me suis immergé dans l’univers du hip-hop, du beatboxing et de l’electro.

Q : Qu’est-ce qui t’a donné envie de composer ta musique et de passer derrière le micro ?

J.J. : Je venais tout juste de finir mon diplôme en ‘funiture design’ et à ce moment-là j’ai réalisé qu’en définitive ça ne plaisait pas tellement et que je ne me voyais pas du tout passer 30 ans de ma vie à faire ce métier. J’avais envie de faire autre chose et besoin de trouver un exutoire qui me permette d’évacuer mes émotions… Et là, comme par hasard, le destin a voulu que je rencontre quelqu’un qui suivait un cours de ‘media technology’, c’est comme ça que tout à commencé. J’ai commencé par aller à ce cours juste par curiosité, puis j’ai été complètement fasciné. J’ai appris à utiliser des samples, à me servir d’un clavier et d’un ordinateur. Ensuite j’ai acheté mon propre matos et j’ai commencé à bidouiller du son dans mon coin. Donc, ça n’a pas été une décision consciente… Disons que je n’ai pas eu un ‘flash’, ou une vision du genre «je dois faire de la musique !». En fait, je vois plutôt ma carrière comme étant l’évolution logique de mon amour pour la musique et l’envie de m’y investir plus viscéralement, en exprimant mes propres réflexions avec mes propres mots.

Q : On raconte que tu as été repéré par Chas Smith (ex Madness et boss du label RG Records) grâce à une démo réalisée dans ta chambre avec 2 magnétophones, est-ce la vérité ou un mythe ?

J.J. : Well… c’est partiellement vrai. Disons qu’à la base, j’avais enregistré cette démo tout seul à la maison, mais je l’ai réenregistrée par la suite avec l’aide de Whiz Kid et de l’ingénieur du son, Jay Reynolds. Par contre, ce qui est drôle c’est que je venais juste de postuler à un job chez RG Records lorsque Chas a mis la main sur ma démo. Ça lui a tout de suite plu et quelques jours plus tard je signais un contrat sur son label pour quatre albums ! Ce sont les hasards de la vie… (rires)

Q : Il parait que tu es extrêmement influencé par la littérature, tu lis beaucoup ?

J.J. : Oui, j’adore lire, d’ailleurs je lis souvent deux ou trois bouquins en même temps. La littérature est une mine d’idées inépuisable. Je pense que cela vient du fait que l’on peut s’exprimer beaucoup plus librement dans un livre que dans les films ou à la télé… Certains livres sont hyper subversifs et m’inspirent beaucoup plus que le tohu-bohu ambiant.

Q : Tu es souvent assimilé à un ‘Mike Skinner (a.k.a. The Streets) du nord de Londres’, sans doute à cause de ton style d’écriture genre ‘poésie urbaine’ ; que penses-tu de cette comparaison et comment te définirais-tu ?

J.J. : Je trouve cela plutôt flatteur, et je vois pourquoi on me compare à lui (nous avons plus ou moins le même timbre de voix, le même accent et avons indéniablement certains points [musicaux] en commun), cependant je ne suis pas tellement d’accord avec ça. Je trouve que c’est un raccourci facile. Certes, nous sommes tous deux des ‘conteurs urbains’ mais Mike Skinner est clairement orienté hip-hop, alors que moi j’ai le cul entre deux, voire trois ou quatre chaises… (rires) Donc, je me décrirais davantage comme un schizophrène. (rires)

Q: Musicalement, ton album part dans tous les sens ; tu n’as donc aucun genre musical de prédilection ?

J.J : Pas vraiment. Je n’ai jamais privilégié un genre de musique au détriment des autres. J’ai toujours été attiré par les musiques ‘black’ en général (soul, funk, hip-hop, house…) et j’écoute de tout, sauf le genre song-writing/guitare indépendant. J’aime la diversité, le changement. D’ailleurs j’ai souvent du mal à écouter l’album d’un artiste du début à la fin. C’est sans doute la raison pour laquelle mon album est si varié… Ma musique inclue tous les styles de musique que j’aime, et s’il est vrai qu’il y a pas mal de rap, c’est uniquement parce que ce genre permet d’introduire plus de paroles.

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Overtones (RG Records/Mercury), sortie : février 2007

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