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Catsuomaticdeath

juillet 21, 2008

Jap’ Attitude

Venu à Paris à l’occasion de la Japan Expo, le trio japonais, Catsumoaticdeath, a séduit le public à l’aide de ses saturations déséquilibrées et ses compositions résolument grunge.

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S’appuyant sur un humour bon enfant, Acekay, Yuzo et Yuka peuvent se vanter d’avoir le sourire communicatif, en plus d’une énergie électrisante.
Le lendemain du concert, Acekay (chanteur, guitariste) se livre entre une cigarette et une tasse de café.

Question : Quand est né Catsuomaticdeath?

Acekay : En 2002, je crois. Mais on a fait notre premier live en 2003, alors le début officiel de Catsuo date de 2003, il y a cinq ans.

Q : La formation de Catsuomaticdeath est assez réduite (vous n’êtes que trois !). Tu n’as jamais pensé à inclure d’autres membres au groupe?

A : Tu sais, on a beaucoup changé de line up. On a été jusqu’à cinq dans le groupe. Mais il y en a qui se marient, ont des enfants, ou bien trouvent un travail, et puis au final on joue sans eux. On a choisi de ne pas les remplacer. Et puis parfois, certains membres prennent peur. C’est pas facile de se lancer dans un projet comme Catsuo. Parfois on dort par terre, on ne gagne pas forcément d’argent, ça peut être effrayant. Surtout pour des musiciens professionnels, adultes. Moi, à côté, j’enseigne la littérature Américaine, ça me prend deux-trois jours par semaine, alors je peux me consacrer à Catsuo.

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Q : D’où vient ton nom de scène, Acekay?

A : En fait, c’est mon vrai nom. Je m’appelle Eisuke. Quand j’étudiais à Columbia, personne n’arrivait à prononcer mon nom, ils disaient quelque chose qui ressemblait à « Eizuuuuk ». Plus tard, je me suis rendu compte qu’en l’écrivant comme ça, les gens le prononçaient bien ! Sauf que maintenant, ce sont les Japonais qui n’arrivent plus à prononcer mon nom…

Q : Tu es le leader de Catsuo. C’est toi qui écris tout ?

A : Oui. Bien sûr, Yuzo et Yuka arrangent, mais j’écris les paroles, la musique, tout. Tu sais, Yuzo et Yuka jouent tous les deux avec plein d’autres groupes ; j’ai vraiment beaucoup de chance qu’ils me consacrent autant de temps. En plus, ils ne gagnent même pas d’argent grâce à moi.

Q : Justement, c’est intéressant. Catsuo est une formation auto-gérée, c’est bien ça ?

A : Exact. On a même refusé des contrats avec des maisons de disques. Pour moi, tu sais, le plus important, c’est de rester libre. Je cherche un moyen de financer les dates que nous faisons, mais pour l’instant c’est moi qui investis mon argent dans le groupe. Sinon, on se débrouille avec des aides, des financements de la part d’institutions… Je vais taper à toutes les portes. Mon but, c’est d’assurer à Yuka et Yuzo un certain confort matériel, un jour. Ce serait bien.


Q : Votre titre phare s’appelle Catsuo 337. Tu peux m’expliquer le sens de ce nombre ?

A : 337 est le nom du schéma rythmique que j’utilise. Tu sais, ce qu’on chante sur cette chanson ? « Ka tsu wo! Ka tsu wo! Ka tsu wo de ka tsu wo! » Eh bien en rythme, ça fait : 123, 123, 1234567. Tu comprends ? En Japonais, on appelle ça « san san nana byoushi », ça veut dire « le rythme en trois / trois / sept ».

Q : J’ai vu votre concert à la Japan Expo. Tu as sauté dans tous les sens : c’est pas difficile, quand on porte un kimono?

A : Ah, si! Le kimono ça te serre les jambes, le tissu t’empêche de bouger, c’est vraiment casse-gueule. Mais j’ai envie de détruire le cliché selon lequel un japonais qui porte un kimono est tout gentil, tout calme, tout civilisé. Moi je porte un kimono, et je saute partout et je roule par terre, et je fais ‘WAAAAAA’! tout le temps. Mais tu as bien aimé le concert? C’était débile, hein ?

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Q : Disons qu’on voit bien que vous vous faites plaisir.

A : Heureusement! La musique, c’est pas un boulot, c’est un mode de vie. Ceci dit, je reste perpétuellement étonné de la chance que j’ai de jouer avec Yuka et Yuzo. Je les ai vus sur scène avec leurs autres formations, ils jouent des trucs compliqués comme du free jazz, et moi je leur demande de jouer des trucs tout bête, du rock simple, et ça ne les dérange même pas.

Q : Tu ne te sens pas dévalorisé face à eux, en tant que musicien?

A : Je ne sais pas jouer de la guitare, je ne fais que maltraiter les cordes – mais, crois-moi, chaque fois que je violente une corde, ça vient du fond du cœur. Mais c’est leur présence qui me permet de jouer n’importe comment. D’ailleurs, depuis que je joue avec eux, je joue beaucoup moins bien de la guitare. En plus, lors du dernier enregistrement, Yuka m’a même dit « n’essaie pas de jouer en rythme » ! (rires) Ce sont eux qui créent une structure, et moi derrière je fais l’imbécile.

Q : Puisqu’on en parle, tu fais souvent l’imbécile pendant les concert. Tu ne t’es jamais retrouvé dans une situation gênante?

A : Dans une salle au Japon, un jour, j’ai pris la grosse caisse, je l’ai passée à un mec dans le public, en lui disant de la tenir. J’ai fait pareil avec des cymbales, les toms et la caisse claire, et puis j’ai joué de la batterie sur les gens des premiers rangs, qui tenaient toute une batterie à bout de bras. Je me suis fait engueuler par les responsables après, surtout que maintenant c’est devenu une habitude dans cette salle, de mettre la batterie dans le public. Depuis, on essaie d’apporter notre propre batterie quand on joue dans cette salle…

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